Nucléaire : Ce serait 7,5 milliards d’euros pour chaque nouvel EPR, selon les estimations d’EDF

ENERGIE Le démarrage du réacteur de Flamanville n’est pas attendu avant 2022

20 Minutes avec AFP

— 

Vue de l'EPR de Flamanville, en août 2019. (Lou Benoist / AFP)
Vue de l'EPR de Flamanville, en août 2019. (Lou Benoist / AFP) — AFP

7,5 milliards d’euros. Ce serait le coût unitaire d’éventuels nouveaux EPR selon l’évaluation faite par  EDF, indique un document interne révélé ce samedi par Le Monde. Soit plus du double du prix initial du réacteur nucléaire de troisième génération de Flamanville (Manche). Dans ce document, qui s’appuie sur l’hypothèse de six nouveaux EPR – déjà évoquée par le gouvernement et le groupe –, « EDF calcule que six réacteurs EPR construits par paires, financés sur une durée d’environ vingt ans, coûteraient au moins 46 milliards d’euros. Soit entre 7,5 et 7,8 milliards d’euros par réacteur », souligne le quotidien.

Le ministère de la Transition écologique rappelle les propos de la ministre, Elisabeth Borne, selon qui la construction de nouveaux EPR ne constitue qu’un « scénario parmi d’autres », et qu’une décision ne sera prise qu’à l’issue de la mise en service de Flamanville.

Un « manque de rigueur » sur Flamanville

Lancé en 2006 et devant initialement entrer en service en 2012, pour un coût de 3,3 milliards d’euros, Flamanville a subi revers sur revers. Le démarrage de ce premier réacteur français de troisième génération est désormais prévu fin 2022, et son coût a été réévalué à 12,4 milliards d’euros.

Un rapport commandé par le gouvernement avait qualifié fin octobre ce chantier d'échec pour EDF et pour « la filière nucléaire française ». Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, avait dénoncé « un manque de rigueur inacceptable » et sommé EDF, dont l’Etat est actionnaire à 83,7 %, de mettre en place un « plan d’action » d’ici à un mois. Le rapport estimait néanmoins que l’EPR avait « démontré la pertinence » de sa conception.