Aéroport Toulouse-Blagnac : Seuls contre tous, les actionnaires chinois redistribuent 16,2 millions de dividendes

ECONOMIE Malgré l’opposition des actionnaires locaux de l’aéroport Toulouse-Blagnac, 16,2 millions d’euros de dividendes ont été redistribués à la demande de Casil Europe, actionnaire majoritaire depuis quatre ans

Béatrice Colin

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Au sein de l’aéroport de Toulouse Blagnac.
Au sein de l’aéroport de Toulouse Blagnac. — A. GELEBART / 20 MINUTES
  • En assemblée générale, les actionnaires de l'aéroport Toulouse-Blagnac ont voté le versement des dividendes, soit 16,2 millions d'euros de bénéfices réalisés en 2018.
  • Ce versement a été voté à la demande des actionnaires chinois de Casil Europe, détenteurs depuis 2015 de 49,99 % des parts de l'aéroport, rachetées à l'Etat.
  • Les actionnaires locaux, qui détiennent 40 % des parts, étaient opposés à cette redistribution et continuent à critiquer l'attitude de Casil Europe. 

Les actionnaires locaux étaient contre et ils l’ont fait à nouveau savoir. Ce mardi, lors de l’assemblée générale annuelle de la société gestionnaire de l’aéroport Toulouse-Blagnac, les comptes de l’exercice 2018 ont été approuvés.

Et au passage, les actionnaires chinois de Casil Europe ont fait valider la distribution de 16,2 millions d’euros de dividendes, dont ils percevront près de la moitié.

« C’est l’ensemble du résultat net. Les actionnaires locaux ont voté contre, l’Etat a voté pour avec Casil. Depuis leur arrivée, ils ont montré leur volonté de ponctionner dans les réserves de l’aéroport de Toulouse Blagnac et n’ont jamais rien déboursé, pas un yuan, ni tenu leur promesse d’investissement dans l’économie locale », déplore Pascal Boureau, le représentant du conseil départemental de la Haute-Garonne, détenteur de 5 % des parts d’ATB.

Aux côtés de la Chambre de commerce et d’industrie (25 %), de la métropole (5 %) et de la région (5 %), ils sont régulièrement montés au créneau au cours des dernières années contre le consortium chinois retenu en 2015 par le ministère de l’Economie pour racheter 49,99 % des parts de l’Etat.

Visé par plusieurs recours devant les tribunaux, Casil Europe a bénéficié le 9 octobre dernier d’un arrêt du Conseil d’Etat qui valide la procédure de privatisation de l’aéroport. Cela lui permet, quatre ans seulement après son arrivée sur le tarmac toulousain, de revendre ses parts à Eiffage, avec qui ils sont en négociation exclusive depuis plusieurs semaines.

Pour sa défense, Casil Europe a fait valoir récemment que depuis son arrivée « des investissements très importants ont été réalisés dans la modernisation et le développement de l’aéroport ». Et que ceux-ci s’étaient traduits par un investissement de 84 millions d’euros et une hausse du trafic.

« Mais aujourd’hui le trafic commence à marquer un palier. Il est important de préserver nos capacités d’investissement pour l’avenir », assure Pascal Boureau qui s’attend à ce que la vente se fasse d’ici peu de temps.