Fiat-Chrysler – PSA : Une « opportunité » mais des inquiétudes pour les syndicats

FUSION Les syndicats se disent inquiets pour l’emploi face aux promesses d’économies et aux risques de doublon lors de cette fusion

20 Minutes avec AFP

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Image d'illustration de voitures produites par PSA.
Image d'illustration de voitures produites par PSA. — JOE KLAMAR / AFP

Quelles perspectives d’emploi pour les employés de PSA ? Les syndicats du groupe disent rester vigilants face à  la possibilité d’une fusion de leur entreprise avec Fiat-Chrysler, tout en concédant que cela représente une « opportunité ». Seule la CGT se montre inquiète face à ce qu’elle appelle une « magouille fiscale ».

Le premier syndicat chez PSA, Force ouvrière (FO), se dit « rassuré » par la volonté affichée de ne pas fermer de site, et le maintien de Carlos Tavares, le patron de PSA. Le syndicat déplore toutefois le choix des Pays-Bas pour implanter le siège de la future maison mère. « C’est pas terrible. C’est dommage que PSA tombe dans cette facilité. C’est tout de même un fleuron de l’industrie française, il y a un attachement patriotique des Français à cette entreprise historique », relève Patrick Michel, secrétaire FO du comité de groupe monde.

Le souvenir cuisant d’Opel

Force ouvrière voit dans la fusion une « grande opportunité qui va permettre au site de PSA de produire plus de lignes de voitures », selon Nadine Cormier, déléguée FO à Rennes. « Aujourd’hui on peut être considéré comme un petit constructeur malgré le rachat d’Opel. Ce mariage va permettre à PSA de grandir et ce sera aussi profitable par rapport aux nouveaux défis technologiques dans le domaine de l’électrique ».

Jean-Pierre Mercier, délégué syndical central CGT, juge le choix des Pays-Bas pour le futur siège « une magouille fiscale » et se dit « inquiet pour l’emploi de manière générale. Bien sûr, il va y avoir des doublons, et une mise en concurrence des usines et des salariés les uns contre les autres ». « On a bien vu ce qui s’est passé avec Opel », ajoute-t-il, rappelant les « 4.000 suppressions d’emplois coté allemand et les milliers de départs volontaires ou préretraites côté français ».

« Très attentifs à l’emploi »

Pour la CFTC, la fusion a du sens du point de vue économique, avec l’accès au marché américain apporté par Chrysler et aux marchés argentin et brésilien fournis par Fiat, mais pose des questions. « Quelle forme capitalistique prendra la fusion ? », interroge notamment Franck Don, délégué syndical central CFTC.

« On sera très attentifs à l’emploi. Le siège de la maison mère aux Pays-Bas pose problème : comment sera-t-il articulé avec les sièges nationaux ? », ajoute-t-il. La CFTC, qui a demandé un rendez-vous au plus vite à la direction, souhaite « obtenir une vision claire de la situation chez Fiat ».

Conte veut garantir l’emploi

Côté CFDT, Christine Viramassy « comprend que PSA ne pouvait rester un petit constructeur faiblement internationalisé », mais rappelle que la fusion doit « être favorable aux salariés dans tous les pays concernés ». « La CFDT ne va pas signer un chèque en blanc et reste prudente », assure cette déléguée. Pour sa part, Laurent Valy (CFDT-Rennes) estime que « beaucoup de questions restent en suspens », notamment sur les synergies : « Il est question d’un milliard d’euros d’économie ».

« Notre crainte c’est sur l’impact CO2 », juge-t-il, car PSA « n’est pas au rendez-vous » et Fiat affiche des chiffres encore moins bons, selon lui. Côté emploi, « à Mulhouse, Poissy, il y a un trou d’activité. Sur 2023 à Rennes on va arriver sur du monoproduit, avec une 5008 qui va sur Sochaux. C’est jamais bon. Il n’y a rien sur le site de Rennes pour 2023 ».

Face à ces inquiétudes, le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte a réagi ce jeudi : « S’il y a des économies d’échelle (à réaliser), tant mieux, les deux groupes en bénéficieront, mais l’important est de garantir le niveau d’emploi et d’investissement ici en Italie. »