Toussaint : Transport du défunt, cercueil en carton, signes en bois… Comment faire baisser la note des obsèques ?

ADIEU Les obsèques constituent un poste de dépense important pour les familles, surtout lorsque celles-ci ne sont pas préparées. Mais il est possible d’en limiter les coûts

Romarik Le Dourneuf

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Les fleurs et ornements représentent un coût important sur la facture des obsèques
Les fleurs et ornements représentent un coût important sur la facture des obsèques — illustration
  • Selon une récente enquête de l’UFC que choisir, une inhumation coûte en moyenne 3.815 euros et une crémation 3.986 euros. Des chiffres en hausse depuis cinq ans.
  • Pour des obsèques, les seules obligations légales sont un véhicule adapté, un cercueil étanche et du personnel pour la mise en terre ou en flamme.
  • Transport, cercueil, ornements… Est-il possible d’organiser des obsèques à moindres frais ?

« Perdre un être cher », une expression qui peut prendre un tout autre sens quand on se retrouve devant la facture des pompes funèbres. Les prix du secteur sont en constante augmentation depuis 2014, (+ 14 % pour les inhumations, + 10 % pour les crémations), selon une enquête de l’UFC Que choisir révélée dans son numéro de novembre, à l’occasion de la Toussaint. Conséquence : le coût moyen pour une inhumation est estimé à 3.815 euros, et à 3.986 euros pour une crémation.

Des sommes importantes, surtout si le défunt n’avait pas d’assurance obsèques, sachant que dans cette période difficile, la famille se précipite parfois pour organiser les funérailles. Il est pourtant possible de réduire les coûts, et 20 Minutes vous montre comment.

Seulement trois obligations

« Il n’y a que trois obligations légales dans les obsèques, entame Richard Féret, directeur général de la Confédération Nationale des Pompes Funèbres et de la Marbrerie (CPFM). Un véhicule funéraire adapté, un cercueil étanche et du personnel pour la mise en terre (inhumation) ou la mise aux flammes (crémation). » Tous les autres éléments que l’on peut retrouver traditionnellement dans les obsèques sont « optionnels ».

La famille peut tout d’abord choisir de conserver le corps à domicile jusqu’aux obsèques. Mais si le décès est intervenu dans un autre lieu, il faut trouver un véhicule funéraire pour l’y transférer (autrement dit, il est interdit de transporter un défunt dans son véhicule). Selon l’Association française d’information funéraire (Afif), le coût moyen d’un tel transport s’élève à 1.20 euro par kilomètre en moyenne (il faut compter les trajets aller et retour). Ce tarif peut augmenter si un péage se trouve sur le trajet, puisqu’il sera à la charge de la famille. Les séjours en chambre funéraires, eux, s’élèvent en moyenne à 100 euros par jour, auxquels il faut ajouter des frais d’entrée en chambre funéraires, qui varient de 70 à 150 euros. Pour amortir la note, de nombreux établissements proposent des forfaits qui peuvent limiter le montant de la facture – si le séjour est long ou s’il comprend un week-end (en général surtaxé) -. Ces forfaits comprennent toujours la mise en bière. Il faut compter au minimum 350 euros.

Un transport au kilomètre

Si la famille ne dispose pas déjà d’un caveau collectif, il faut ensuite penser à la concession pour enterrer le défunt, ou laisser son urne dans un columbarium. Les concessions perpétuelles se font de plus en plus rares, celles proposées étant le plus souvent de 15, 30 ou 50 ans. Et c’est le lieu choisi qui détermine le montant. La région parisienne et le sud-est de la France, où les tarifs dépassent les 3.000 euros pour trente ans, sont les zones les plus onéreuses. Les petites communes sont moins chères et proposent des prix entre 200 et 500 euros pour la même période. Les différences pour une concession de 30 ans dans un columbarium sont moindres, les prix variant de 600 à 800 euros.

Puis vient le jour des obsèques. Pour le convoi funéraire qui se rend au cimetière (ou au crématorium), les tarifs sont les mêmes que ceux cités précédemment pour les transferts funéraires. Mais les établissements qui organisent ce service proposent des tarifs au forfait, plus avantageux dès lors que la distance dépasse 25 à 30 km. Ils comprennent alors la prise en charge du cercueil par le personnel et la mise en terre ou en flammes.

Du carton pour l’au-delà

C’est l’heure de l’enterrement (qui comprend l’ouverture d’un caveau ou le creusement d’une fosse), tarifé entre 100 et 750 euros selon les régions (prix comprenant la main-d’œuvre et le matériel). Ou de la crémation, dont les prix se situent entre 297 et 1.185 euros (chiffres UFC que choisir). Par exemple, mieux vaut se faire incinérer à Caudrésis-Catésis, dans le Nord (310 euros), qu’à Piccheti, en Corse (1.170 euros). Pour conserver les cendres, le crématorium fourni un cendrier, mais les familles choisissent en général une urne, plus esthétique. Elles sont disponibles dans différents matériaux, et leur prix varie de 100 à 400 euros en majorité, selon leur qualité, selon le poids du défunt, et selon qu’elles soient biodégradables ou non (obligatoire dans le cas d’immersion ou d’enterrement).

Le choix d’un cercueil est tout aussi vaste. En bois, il coûte au minimum 400 euros, sans compter les ornements, les symboles religieux et les fleurs. A ce prix, les poignées seront en bois et le capiton en coton et élasthanne. Depuis quelques années, un nouveau type de coffin est apparu, le cercueil en carton. Adapté pour les enterrements ou les crémations, et respectant les normes en matière de solidité et d’étanchéité, il est facturé entre 200 et 300 euros. Certains descendent même aux alentours de 150 euros. De plus, il est possible de les faire décorer à moindre coût.

Emotion et croix en bois

Voilà pour les obligations légales. Mais elles ne représentent que le strict minimum. Richard Féret précise : « Sans soins de conservation du corps, et suivant les conditions thermiques, celui-ci peut se dégrader très rapidement, ce qui n’est pas très " agréable " à vivre. » Beaucoup de familles demandent donc des soins de conservations du corps pour conserver la dignité du défunt. Ce procédé, qui consiste à injecter des produits à base de formol pour retarder, est souvent couplé à un maquillage. Deux opérations distinctes coûteuses (350 euros pour la première, 150 euros pour la deuxième en moyenne). Mais en demandant les deux, les familles peuvent bénéficier d’une ristourne.

Par ailleurs, le manque d’expérience et l’émotion peuvent compliquer la manipulation et le port du cercueil lors des cérémonies. C’est pourquoi une majorité de familles préfèrent laisser ces tâches aux professionnels. Et là, les coûts peuvent grimper. « Même si les pompes funèbres opèrent une mission de délégation publique, elles sont totalement libres de leurs tarifs », met en garde Michel Kawnik, président fondateur de l’Afif. On retrouve donc des écarts importants d’une région à l’autre, d’une ville à l’autre, et même d’un établissement à l’autre.

Pour ceux qui souhaiteraient embellir le cercueil, les catalogues de pompes funèbres regorgent de symboles, plaques et bouquets. Pratique, mais cher. Très cher même, parfois. Pour un capiton en coton basique, il faudra dépenser au moins 200 euros. Les bouquets et couronnes de fleurs peuvent s’afficher, eux, à des tarifs dépassant la centaine d’euros. Une solution consiste à se renseigner auprès  d’un fleuriste, qui pourra proposer des compositions similaires à des prix moindres. Pour les symboles, religieux ou non, les fabrications en bois sont moins coûteuses. Il faut compter un minimum de 50 euros pour une croix, un croissant ou une étoile de David. Et pour une dizaine d’euros de plus, il est possible de les trouver en zamak, alliage qui imite le bronze ou l’or.

« Ne pas se précipiter »

Au final, la clé, pour ne pas se ruiner dans l’organisation des funérailles, c’est de prendre son temps. Michel Kawnik confirme : « Dans cette situation, on a tendance à paniquer. Mais le défunt ne reviendra pas, il ne faut pas se précipiter. » Le président de l’Afif conseille de commencer par se renseigner auprès de tous les établissements de la commune, et même du département, pour leur demander un devis. La loi les oblige à en fournir un, conforme au devis type, gratuit, détaillé, chiffré et faisant apparaître, pour chaque prestation ou fourniture, la nature et le prix TTC ainsi que le montant total du devis TTC. Michel Kawnik insiste sur ce point : « Il ne faut pas hésiter à faire jouer la concurrence, et si des pompes funèbres refusent le devis sans engagement, tournez les talons et allez voir en face. »

Dernière possibilité pour limiter le coût des obsèques, mais qui doit être anticipée par le futur défunt lui-même : faire don de son corps à la science. En effet, les universités et centres de recherche sont toujours preneurs sous certaines conditions. Selon ses moyens, la famille devra peut-être prendre en charge le transport, mais les frais d’inhumation ou de crémation seront réglés par les bénéficiaires du don.