Le crédit à la consommation, une liquidité à manier avec prudence

ARGENT Afin de financer leurs petits projets, un quart des Français recourent au crédit à la consommation

Julie Polizzi pour 20 Minutes

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Pour éviter qu'un crédit à la consommation ne soit souscrit à la légère, la loi impose de vérifier la solvabilité de l'emprunteur.
Pour éviter qu'un crédit à la consommation ne soit souscrit à la légère, la loi impose de vérifier la solvabilité de l'emprunteur. — IStock / City Presse

De nombreux foyers souscrivent un emprunt pour financer une télévision, un nouveau lit ou tout simplement renflouer leur compte. D’après l’Observatoire des crédits aux ménages de la Fédération bancaire française, 26,8 % des particuliers avaient ainsi un prêt à la consommation en 2018.

Un emprunt encadré

Alors que l’emprunt immobilier est réservé à l’acquisition ou à la construction d’un bien à usage d’habitation ou professionnel, il s’agit ici de payer tout le reste, dès lors que le montant est compris entre 200 et 75.000 euros.
Facile et rapide à obtenir, le crédit à la consommation est une solution à la portée de tous pour pallier un manque de cash. Afin de protéger les particuliers, la législation a toutefois mis en place plusieurs garde-fous.

Avant la souscription, le prêteur doit vous remettre une fiche d’information standardisée récapitulant les principales caractéristiques du crédit. Il doit en outre vérifier votre capacité de remboursement en consultant notamment le Fichier national des incidents de paiement (FICP). Sachez enfin que vous disposez de 14 jours calendaires après la signature pour changer d’avis.

Des formules selon les besoins

Le terme générique de crédit à la consommation regroupe une multitude d’offres. Le prêt personnel est la plus pratique d’entre elles. Distribué par les banques, ce produit bénéficie d’un taux d’intérêt fixe, ce qui vous permet de connaître le coût total de l’opération dès la souscription, et vous laisse libre de choisir la destination des fonds. Vous pouvez ainsi vous payer le voyage de vos rêves, un nouvel ordinateur ou simplement regonfler votre trésorerie comme bon vous semble.

Pour certaines grosses dépenses et notamment l’achat d’une voiture ou la réalisation de travaux chez soi, il est d’usage de souscrire un crédit affecté par le biais du commerçant ou auprès de votre banque. L’argent versé ne peut alors être utilisé que pour financer le bien ou la prestation stipulée au contrat. L’avantage, c’est que si vous n’obtenez pas l’emprunt, votre achat sera annulé et vice-versa. De même, vous ne commencerez à rembourser qu’après avoir reçu votre bolide. En revanche, le délai de rétractation prend fin trois jours après la livraison. Par ailleurs, le prêt personnel est traditionnellement moins onéreux que le crédit affecté. À titre indicatif, le TAEG moyen du premier était affiché à 1,28 % début octobre, selon le baromètre de Meilleurtaux.com, contre 1,90 % pour un emprunt auto ou travaux.

Les sirènes du crédit renouvelable

À l’occasion de l’achat de mobilier, d’électroménager ou d’une télévision dernier cri, les commerçants peuvent vous proposer des facilités de règlement ou le recours à un petit emprunt. Or, si un paiement « trois fois sans frais » ne prête pas à conséquence, la souscription d’un crédit renouvelable (ancien crédit revolving) peut vous réserver de très mauvaises surprises.

Cette formule, souvent intégrée aux cartes de fidélité des grandes enseignes et commercialisée par les sociétés de crédit, met à votre disposition une somme d’argent dans laquelle vous pouvez puiser à tout moment et qui est renouvelée chaque année. Bémol : le taux d’intérêt est non seulement variable, mais surtout il est en général prohibitif (entre 15 et 20 %). Pour limiter la facture, la loi impose donc une durée maximale de trois ans de remboursement pour un crédit renouvelable de moins de 2.000 euros et jusqu’à cinq ans au-delà.