Alstom : La région Grand Est passe une commande de 30 trains au site de Reichshoffen

TRANSPORTS Une coopération inédite et sans précédent en Europe permet la commande de 30 trains neufs pour les transports transfrontaliers entre le Grand Est et l’Allemagne

Gilles Varela

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Des salariés d'Alstom, en 2010, à Reichshoffen, en Alsace.
Des salariés d'Alstom, en 2010, à Reichshoffen, en Alsace. — FREDERICK FLORIN / AFP
  • La région Grand Est signera mardi une commande de 30 trains à Alstom Reichshoffen, dans le Bas-Rhin.
  • Le projet a été rendu possible grâce à un partenariat avec les trois Länder Allemands qui l’entourent.
  • Cette commande qui s’élève à 376 millions d’euros tombe à pic pour le site bas-rhinois après un énorme contrat perdu en septembre dernier au profit d’un constructeur espagnol.

« C’est la commande la plus importante jamais réalisée en Europe pour des trains transfrontaliers, une coopération inédite », se félicite Jean Rottner, président de la région Grand Est. Celle-ci s’apprête en effet à officialiser mardi la commande de 30 trains au site bas-rhinois d'Alstom Reichshoffen. Une commande dont la première tranche ferme s’élève à 376 millions d’euros et devrait « permettre de pérenniser l’activité du site pour plusieurs années », assure la Région. Un vrai bol d’air après la perte d’un important contrat en septembre dernier avec la SNCF : cette dernière avait en effet préféré au site Alsacien le constructeur ferroviaire espagnol CAF pour assembler 28 nouveaux trains Intercités, pour un montant de 700 millions d’euros…

Bien souvent considérée comme abstraite aux yeux des habitants, la coopération transfrontalière permet cette fois d’avancer concrètement sur la question des transports. Pour rendre ce projet possible, la Région s’est alliée avec les trois Länders allemands qui l’entourent, à savoir le Bade-Wurtemberg, la Sarre et la Rhénanie-Palatinat. « Ce partenariat a permis de négocier afin que les trains soient fabriqués sur le site de Reichshoffen, de régler les problèmes techniques pour qu’il n’y ait pas de rupture de charge lors d’un trajet, c’est-à-dire que les usagers n’auront pas à changer de train, c’est plus confortable », détaille Thierry Van Oost, directeur adjoint de cabinet Région.

Si c’est le Grand Est qui finance cette commande, « les Allemands paieront une redevance au train/kilomètres et participeront au fonctionnement », précise encore Thierry Van Oost. Au-delà des aspects techniques et légaux, c’est aussi la politique de mobilité et les préoccupations environnementales qui sont au cœur du projet. Il est « exemplaire, car il allie les mobilités de demain, une coopération transfrontalière concrète, un soutien à l’industrie française et un projet d’aménagement du territoire ambitieux » se réjouit Jean Rottner.

Au moins sept nouvelles lignes pour rallier l’Allemagne

Ainsi, le Grand Est sera la seule région française à réouvrir des lignes ferroviaires de desserte fine des territoires, dans le cadre de l’ouverture à la concurrence, d’une partie de son réseau TER. Concrètement la Région compte ouvrir ou parfois développer de nouvelles lignes ferroviaires reliant ses territoires avec l’Allemagne : Metz-Trier, Metz-Saarbrücken, Strasbourg-Sarrebruck, Strasbourg-Karlsruhe, Strasbourg-Neustadt, Mulhouse-Müllheim, Strasbourg-Offenburg, et si elle se finalise, la ligne Colmar-Fribourg.

Voyageurs, l’attente ne devrait pas être trop longue. Les premiers trains Coradia Liner Polyvalents, basés sur l’actuel Régiolis, devraient en effet circuler sur les voies dès 2024.