Chine – Etats-Unis: Un accord commercial partiel en passe d’être signé

COMMERCE INTERNATIONAL A l’issue de négociations à Washington en présence du vice-Premier ministre chinois Liu He, Donald Trump a annoncé un accord de principe portant notamment sur l’agriculture, les services financiers ou encore la propriété intellectuelle

20 Minutes avec AFP

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Le vice-Premier ministre chinois, Liu He (de dos) et Donald Trump à la Maison-Blanche le 11 octobre 2019.
Le vice-Premier ministre chinois, Liu He (de dos) et Donald Trump à la Maison-Blanche le 11 octobre 2019. — Oliver Contreras/Sipa USA/SIPA

Rebondissement dans la guerre commerciale à laquelle se livrent les deux grandes puissances. Le président américain Donald Trump a effet annoncé vendredi un accord commercial partiel avec la Chine à l’issue de négociations à Washington en présence du vice-Premier ministre chinois Liu He. C’est pour le moment un accord de principe dont le texte doit être signé « au cours des quatre prochaines semaines » entre Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping. La signature pourrait intervenir mi-novembre au Chili, en marge du sommet de l’Association des pays riverains du Pacifique (Apec).

Une désillusion en mai dernier

« Nous avons une entente fondamentale sur les points clés. Nous avons fait beaucoup de progrès, mais il nous reste encore du travail à faire », a reconnu de son côté le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin. « Nous ne signerons un accord que si nous pouvons dire au président que tout est couché sur le papier ». Il a notamment insisté sur le fait que le vice-Premier ministre chinois devait « retourner travailler avec son équipe », en d’autres termes recevoir l’aval au plus haut niveau de l’Etat chinois. En mai, les mêmes négociateurs chinois avaient pris des engagements de principe mais s’étaient heurtés à l’opposition de Pékin. L’esquisse du traité n’avait donc pas été signée et la guerre commerciale était repartie de plus belle.

Sur l’agriculture, le texte prévoit que la Chine s’engage à acheter des biens agricoles pour 40 à 50 milliards de dollars par an. Donald Trump a longuement insisté sur ce montant qui est environ deux fois et demi plus élevé que le pic des achats de la Chine. Un montant historique, selon lui. En 2017 avant le lancement de la guerre commerciale, la Chine importait pour 19,5 milliards de dollars de produits agricoles américains, un nombre tombé à un peu plus de neuf milliards en 2018.

Concernant les services financiers et les devises, le secrétaire américain au Trésor a affirmé qu’un « accord presque complet » avait été trouvé pour une plus grande ouverture du marché chinois aux sociétés américaines spécialisées dans ces secteurs. « Nous avons eu de bonnes discussions avec le gouverneur de la Banque centrale de Chine », a-t-il déclaré ajoutant qu’il y avait aussi un accord sur les devises pour garantir la transparence sur les taux de change. Début août, les Etats-Unis avaient officiellement accusé Pékin, pour la première fois en 25 ans, de manipuler sa monnaie et d’être intervenu sur le marché des changes pour la faire baisser, une façon de contrecarrer les tarifs douaniers qui renchérissent les prix des biens chinois. Steven Mnuchin a affirmé qu’il étudierait la question de revenir sur cette accusation.

Trump assure d’un accord sur la propriété intellectuelle

Le transfert de technologie a également été abordé durant les discussions. Donald Trump a ainsi évoqué des progrès sur la suppression d’une pratique dite du « transfert forcé de technologie américaine ». En échange d’un accès au marché chinois, les entreprises américaines doivent partager leur savoir-faire technologique. Le président estime qu’un accord pourrait intervenir « plutôt rapidement ». Par ailleurs, sur la propriété intellectuelle, l’hôte de la Maison-Blanche a affirmé mais sans autre détail : « nous avons un accord ».

Enfin, Robert Lighthizer, le représentant américain au Commerce (USTR) et négociateur en chef américain, a aussi expliqué que les deux parties étaient très proches de se mettre d’accord sur un mécanisme de règlement des différends. Depuis le début des discussions, les Etats-Unis ont souligné qu’un tel mécanisme était totalement indispensable pour pouvoir s’assurer que la Chine respecte bien ses engagements.