Crise financière: «L'espoir est venu de Paris, non de Washington»

REVUE DE PRESSE Les quotidiens saluent dans l'ensemble le plan de sauvetage européen, avec quelques réserves...

Avec agence

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Les principaux pays de la zone euro, dont la France, l'Allemagne et l'Italie, devaient annoncer lundi leurs plans chiffrés de soutien au secteur bancaire, au lendemain d'un sommet de crise de l'Eurogroupe à Paris, qui semble avoir redonné confiance aux marchés.
Les principaux pays de la zone euro, dont la France, l'Allemagne et l'Italie, devaient annoncer lundi leurs plans chiffrés de soutien au secteur bancaire, au lendemain d'un sommet de crise de l'Eurogroupe à Paris, qui semble avoir redonné confiance aux marchés. — Boris Horvat AFP

La presse française se réjouissait ce mardi du retour de l'Europe sur la scène internationale grâce à son plan commun sur la crise financière, tout en chantant les louanges de son chef d'orchestre Nicolas Sarkozy.

«Les flottements inquiétants d'une administration américaine à bout de souffle imposaient aux dirigeants européens de dépasser leurs égoïsmes nationaux, de renoncer à faire “cavalier seul” et d'assumer leur responsabilité collective. Ils l'ont fait», observe sobrement «Le Monde». «Le président français n'y est pas pour rien (...) Il a su jouer collectif», ajoute le quotidien du soir.

«L'histoire montre que l'Europe n'avance que dans la crise»

Même son de cloche au «Figaro»: «Le volontarisme de Nicolas Sarkozy et de ses homologues a davantage convaincu que celui de George Bush et de Henri Paulson. L'espoir est venu de Paris, non de Washington», écrit Paul-Henri du Limbert.

Encore plus enthousiaste, Eric Izraelewicz, dans «La Tribune», lance à Nicolas Sarkozy un «bravo, monsieur le président!». «L'histoire montre que l'Europe n'avance que dans la crise (...) Ce déclic qui allait faire revenir la confiance, les marchés en rêvaient, Nicolas Sarkozy l'a fait», estime-t-il. «Poursuivre la construction de l'Europe n'est pas une idée dépassée, donc. Encore une fois, c'est par son versant économique qu'elle a avancé», note dans «La Croix» Dominique Quinio.

«Addition vertigineuse de 1.700 milliards euros»

L'optimisme est plus tempéré dans les journaux de gauche. Dans les colonnes de «Libération», Didier Pourquery s'inquiète de «l’addition vertigineuse de 1.700 milliards euros versés à des banques que l’opinion publique tient pour responsables de la crise».

Patrick Le Hyaric, dans «L'Humanité», souligne qu'«il est indispensable que le débat sur la sortie de crise ne soit pas contenu, comme actuellement, dans le cadre du système lui-même». «La question n'est plus de savoir s'il faut plus ou moins de régulation. C'est le capitalisme qui est en faillite», conclut-il.

Quant à la presse régionale, elle se range plutôt dans le camp du «Monde» et du «Figaro». «Ce serait faire preuve de mauvaise fois que de nier, aujourd'hui, le rôle prépondérant joué par Nicolas Sarkozy dans le sursaut collectif», affirme Frank De Bondt dans «Sud-Ouest».

«Est-ce que le répit enregistré hier va durer?»

«Avant de pousser un sarkocorico bien français, attendons tout de même d'avoir la facture. Le collectif budgétaire en préparation risque de nous faire passer l'envie de chanter», met cependant en garde Patrick Fluckiger dans «L'Alsace».

Quant à Didier Pobel, il pose dans «Le Dauphiné Libéré» la question que tout le monde se pose: «Est-ce que le répit enregistré hier va durer? Et jusqu'à quand?» Et de répondre lui-même aussitôt: «Bien malin qui saurait le dire.»