Renault : Thierry Bolloré démis de ses fonctions de directeur général

RENVERSANT Ce changement de direction était attendu depuis quelques jours

20 Minutes avec AFP

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Thierry Bolloré lors d'une conférence de presse. (archives)
Thierry Bolloré lors d'une conférence de presse. (archives) — TOBIAS SCHWARZ / AFP

Renault a annoncé ce vendredi que son directeur général Thierry Bolloré était démis de ses fonctions et remplacé immédiatement pour une période de transition par la directrice financière Clotilde Delbos, à l’issue d’un conseil d’administration exceptionnel.

Une conférence de presse, lors de laquelle le président du groupe Jean-Dominique Senard s’exprimera, est prévue à 12h30 au siège de Renault à Boulogne-Billancourt, au sud-ouest de Paris. La réunion exceptionnelle du conseil d’administration ce vendredi, annoncée seulement la veille par le constructeur, visait à trancher le sort de Thierry Bolloré. Ce dernier « était présent à la réunion et s’est exprimé. On lui a reproché des problèmes de management et de performance », a expliqué une source proche du dossier.

L’ancien dauphin

« Il y a eu un vote. Aucun administrateur n’a voté contre sa révocation, très peu d’abstentions. D’habitude, dans un cas comme celui-là, un dirigeant démissionne. C’est lui qui a voulu aller à la révocation », a regretté cette source. C’est pour le constructeur une façon de tourner la page de l’ère Carlos Ghosn, son ancien PDG déchu, qui attend son procès au Japon où il a été mis en examen et assigné à résidence pour de multiples malversations présumées. Carlos Ghosn avait fait de Thierry Bolloré son dauphin.

Dans un entretien publié jeudi soir par Les Echos, Thierry Bolloré avait dénoncé « un coup de force inquiétant ». Ce départ intervient alors qu’un renouvellement du management du constructeur nippon Nissan, dont Renault détient 43 %, a été décidé cette semaine pour écarter les principaux dirigeants de l’ère Ghosn.

Le gouvernement en retrait

De son côté, l’Etat français, premier actionnaire de Renault avec 15 % du capital, avait assuré, par la voix du ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire, ne pas vouloir « s’immiscer » dans les « choix de gouvernance du groupe » - tout en affichant sa « confiance » à Jean-Dominique Senard.

Passée, entre autres, par l’ex-géant industriel français Pechiney, Clotilde Delbos, 52 ans, avait rejoint Renault en 2012 comme « directrice performance et contrôle » de l’entreprise, avant d’être nommée en 2016 directrice financière. Elle est membre du comité exécutif du groupe.