Un anti-Bush prix Nobel d'économie

ECONOMIE Paul Krugman est professeur à Princeton et éditorialiste au «New York Times»...

J.M. avec agence

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L'Américain Paul Krugman, économiste de la mondialisation et éditorialiste réputé pour ses charges contre l'Administration Bush, a reçu lundi le prix Nobel d'économie pour ses travaux sur le commerce international.
L'Américain Paul Krugman, économiste de la mondialisation et éditorialiste réputé pour ses charges contre l'Administration Bush, a reçu lundi le prix Nobel d'économie pour ses travaux sur le commerce international. — Brad Barket AFP/Getty Images/Archives

En pleine crise financière, le «Nobel» d’économie a été attribué ce lundi à l'Américain Paul Krugman, professeur d’économie et de relations internationales à l'université de Princeton. L'Académie royale suédoise des sciences a souhaité le récompenser pour «avoir montré les effets des économies d'échelle sur les modèles d'échanges commerciaux et la localisation de l'activité économique».

«J'espère que dans deux semaines, je serai de nouveau la même personne que celle que j'étais avant», a déclaré le lauréat à la télévision suédoise. Il exprime son intention de «continuer à travailler».

Une crise «terrifiante»

Il a qualifié la crise actuelle de «terrifiante»: «Je n'aurais jamais cru que je verrais quelque chose qui ressemblerait à 1931 dans ma vie, mais c'est le cas de cette crise», a confié Krugman ce lundi après l’obtention du Nobel.

Il s’est dit néanmoins «heureux» des mesures de sauvetage des banques et de relance du marché du crédit en Europe.

Géographie économique


Spécialiste des échanges commerciaux, Paul Krugman s’est fait connaître par ses nombreux livres de vulgarisation et ses centaines d'articles, portant sur le commerce international et la finance. Parmi ses ouvrages, deux portent un titre prémonitoire: «L'Amérique dérape» et «Pourquoi les crises reviennent toujours».

Ses travaux portent sur la mondialisation de l'économie. Il a introduit la composante géographique dans ses analyses traitant de la mobilité de la production, de la main d'œuvre et des capitaux. Il est l’un des auteurs de la théorie du commerce international intégrant des analyses sur les échanges commerciaux et la géographie économique.

Editorialiste acide et anti Bush

L‘économiste collabore depuis 1999 avec le «New York Times». Il y écrit, chaque lundi et vendredi, un éditorial  offrant une lecture lumineuse des statistiques économiques à destination du grand public. Il s'y fait souvent l'avocat d'une économie préservant la justice sociale et mène une critique méthodique de la politique menée par George W. Bush.

Idole des démocrates et bête noire républicaine, Krugman a tour à tour dénoncé la guerre en Irak, les réductions d'impôt, les réformes des retraites publiques, le scandale Enron, le copinage dans l'administration Bush, et il éreinte aujourd'hui sa gestion de la crise financière, la qualifiant d'«idéologique», n'épargnant pas au passage le secrétaire au Trésor Henry Paulson.

Dans sa plus récente tribune, il vantait en revanche les mérites du Premier ministre britannique, Gordon Brown, qui a fait preuve de «clarté et de détermination» dans la tourmente.

«Please go away»

Krugman estimait récemment que Barack Obama «a tort de dire qu'une administration McCain-Palin serait la même chose que l'ère Bush-Cheney. Si la campagne de John McCain et Sarah Palin constitue une indication, ce serait pire, bien pire».

Le 9 octobre dernier, il a également dédié une note au président américain sur son blog «La conscience d’un libéral», sobrement intitulée «Please go away» («Va-t-en, s’il te plaît»)
 

 

 








Le «prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel» (Sveriges Riksbank Prize in Economic Sciences in Memory of Alfred Nobel), n'est pas un «prix Nobel» à proprement parler. En effet, s’il est géré par la Fondation Nobel et suit les règles des autres prix, il n’a pas été fondé par le testament d’Alfred Nobel.