Alstom : Le site alsacien de Reichshoffen est-il menacé par la perte d'un contrat SNCF ?

TRANSPORTS Les syndicats craignent un plan social et des licenciements après que la SNCF a choisi le constructeur espagnol CAF pour assembler de nouveaux Intercités

Nils Wilcke

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Les salariés d'Alstom à Reichshoffen le 4 octobre 2019.
Les salariés d'Alstom à Reichshoffen le 4 octobre 2019. — N.Wilcke/20 Minutes
  • La SNCF avait annoncé avoir choisi le constructeur ferroviaire espagnol CAF pour fournir 28 nouveaux trains destinés aux lignes Intercités Paris-Toulouse et Paris-Clermont. 
  • La perte de ce contrat de 700 millions d'euros avait été un dénoncée comme « un coup de poignard » par la section CGT du site. 
  • Pour autant, la direction rejette tout plan social ou licenciements à ce stade.

La direction d’Alstom s’est voulue rassurante après que la SNCF a annoncé le 18 septembre avoir choisi le constructeur ferroviaire espagnol Construcciónes y Auxiliar de Ferrocarriles (CAF) pour fournir 28 nouveaux trains.

Ces rames sont destinées aux lignes Intercités Paris-Toulouse et Paris-Clermont. La commande doit encore être approuvée par le conseil d’administration de SNCF Mobilités le 24 octobre, mais le groupe a déjà fait savoir qu’il avait sélectionné l’offre de CAF, officiellement désigné « attributaire pressenti ». L’entreprise espagnole peut honorer la commande grâce à l’une de ses usines située à Bagnères-de-Bigorre, dans les Hautes-Pyrénées.

« Notre offre est solide »

« Si cela se confirmait, nous serions évidemment déçus, a affirmé à 20 Minutes le PDG d’Alstom Henri Poupart-Lafarge lors d'une visite de la présidente de la Région Grand Est Valérie Pécresse le 4 octobre dans l’usine de Reichshoffen, dans le Bas-Rhin. D’autant que notre offre est solide, notre train et nos capacités de production sont éprouvés », a-t-il précisé.

La perte annoncée de ce contrat de 700 millions d’euros était vue comme « un coup de poignard » par la section CGT du site bas-rhinois, tandis que FO évoquait une « catastrophe ». Les syndicats avaient fait part de leurs craintes de voir 100 à 200 emplois sur la sellette.

Une perspective rejetée par le PDG d’Alstom à ce stade. « Ce n’est pas parce que le 24 octobre on va annoncer que ce contrat n’est pas pour Alstom que le 25 je vais annoncer un plan social », a déclaré Henri Poupart-Lafarge. Le site de Reichshoffen compte actuellement 800 salariés, 1.100 en comptant les intérimaires.