Libra: PayPal se retire du projet de cryptomonnaie de Facebook

DEFECTION Membre du consortium de partenaires qui regroupe notamenent Visa et Mastercard, le groupe avait prévu d’investir au moins 10 millions de dollars dans le projet

20 Minutes avec AFP

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Les logos de Libra et Facebook (Illustration).
Les logos de Libra et Facebook (Illustration). — DAINA LE LARDIC/ISOPIX/SIPA

L’opposition croissante de nombre d’acteurs et régulateurs que subit la future monnaie virtuelle de Facebook aura finalement eu raison de la volonté d’un important investisseur d’y participer. PayPal a en effet annoncé vendredi sa décision de ne pas prendre part au projet de monnaie numérique, la Libra, dont le lancement est prévu pour mi-2020. Pour le moment le consortium de partenaires regroupe notamment Visa et Mastercard. Basé à Genève, il s’est vu confier par Facebook la gouvernance et la gestion du projet.

Un manque de travail de préparation avec les régulateurs financiers

PayPal, qui devait investir au moins 10 millions de dollars dans le projet, comme chacun des membres de l’association, n’a pas donné les raisons de son changement d’avis. « Nous continuons à nous concentrer sur notre mission et nos priorités stratégiques : démocratiser l’accès aux services financiers des populations mal desservies », a simplement indiqué le groupe. Une source proche de l’entreprise a expliqué au Financial Times qu’il « semblerait qu’il n’y ait eu que peu de travail de préparation fait avec les régulateurs financiers » et que les services de paiements tels que Paypal ne souhaitaient « pas voir l’attention des régulateurs déborder sur leurs affaires ». « Nous restons favorables aux aspirations de Libra et avons hâte de continuer le dialogue sur des manières de travailler ensemble à l’avenir », a toutefois précisé PayPal.

Libra est censée offrir à partir de courant 2020 un nouveau mode de paiement en dehors des circuits bancaires traditionnels, permettant d’acheter des biens ou d’envoyer de l’argent aussi facilement qu’un message instantané. Mais le projet a vite été critiqué par bon nombre de régulateurs et gouvernements à travers le monde. Ils s’inquiètent notamment de la mauvaise réputation de Facebook en matière de confidentialité et de protection des données personnelles. En juillet, le ministre des Finances américain Steven Mnuchin, a ainsi lancé un avertissement à Facebook, le gouvernement redoutant qu’une telle monnaie virtuelle ne soit utilisée pour blanchir de l’argent ou tromper le fisc.