Des opérations fictives de Kerviel validées en comptabilité

SOCIETE GENERALE C’est ce qu'indique Caroline Wassermann, une de ses avocates...

Avec agence

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Une confrontation entre Jérôme Kerviel, le trader soupçonné de falsifications ayant coûté près de 5 milliards d'euros à la Société Générale, et son ancien assistant a débuté mercredi matin au tribunal de Paris, a-t-on appris de sources proches du dossier.
Une confrontation entre Jérôme Kerviel, le trader soupçonné de falsifications ayant coûté près de 5 milliards d'euros à la Société Générale, et son ancien assistant a débuté mercredi matin au tribunal de Paris, a-t-on appris de sources proches du dossier. — Patrick Kovarik AFP

Des opérations fictives de Jérôme Kerviel, le trader de la Société Générale soupçonné de falsifications qui lui ont fait perdre 4,9 milliards d'euros, ont été validées par la comptabilité de la banque malgré des alertes sur leur invraisemblance, a indiqué ce dimanche à l'AFP une avocate du trader.

Pour Caroline Wassermann, «certaines pièces du dossier et notamment certains mails, démontrent que des personnes ont vu ce qui se passait et se sont interrogées sur ces opérations».

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Une responsable du service «middle résultat», Marine Auclair, a notamment adressé le 16 avril 2007 un mail à sa hiérarchie et à plusieurs contrôleurs financiers après avoir découvert un montant de 94 millions d'euros non-justifié en comptabilité, rapporte l'avocate confirmant une information du «Journal du dimanche».

Après une réunion de service et un interrogatoire de Jérôme Kerviel, qui a évoqué un simple ajustement comptable, les transactions fictives ont finalement été entrées en comptabilité.

«Tous les mails concernés ont été transmis à la justice»

«Il y a dans cette affaire deux types d'opérations fictives, les unes sont licites les autres illicites», a expliqué à l'AFP un avocat de la Société générale. «Les premières, utilisées par Kerviel, visaient à masquer ses pertes ou ses gains, les secondes, couramment utilisées à la Société Générale, avaient pour objet d'ajuster certains résultats qui ne pouvaient alors être pris en compte par le logiciel de comptabilité Eliot», a-t-il ajouté en précisant que l'astuce de Kerviel a été de jouer sur cette ambiguïté.

«Le thème de la qualité des opérations fictives a déjà été abordé de manière complète dans le dossier d'instruction en mars 2008», explique la Société Générale en soulignant avoir dans ce dossier «joué la transparence en transmettant les mails concernés à la justice». La banque précise avoir depuis revu les performances de son logiciel comptable.