Homéopathie : Une baisse de la prise en charge

SOINS Face au déficit de la Sécurité sociale, l’État ne cesse de rogner sur les remboursements des médicaments

JP pour 20 Minutes

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Malgré son succès populaire, l'homéopathie n'est plus remboursée qu'à hauteur de 10 à 15 % depuis le 1<sup>er </sup>septembre 2019.
Malgré son succès populaire, l'homéopathie n'est plus remboursée qu'à hauteur de 10 à 15 % depuis le 1<sup>er </sup>septembre 2019. — IStock / City Presse

Plébiscitée par des millions de Français, l'homéopathie est sans conteste l’une des médecines douces les plus populaires. Son principe ? Celui de la similitude : on administre au malade une substance diluée à très faible dose, sachant que cette même substance administrée sans dilution à une personne en bonne santé provoquerait des symptômes comparables à ceux du patient. Pour ce faire, cette méthode thérapeutique utilise essentiellement des plantes, mais aussi des minéraux et des remèdes d’origine animale.

Si ce secteur économique très porteur fait la fortune de certains grands laboratoires hexagonaux, il est toutefois l’objet de vives critiques de la part du corps médical. En 2017, l’association des Académies des sciences européennes estimait ainsi qu’il n’existait aucune preuve scientifique de l’efficacité de ces produits, tandis que le Collège national des généralistes enseignants parlait d’une « méthode ésotérique » début 2019 et appelait à l’arrêt de son remboursement. Mais c’est l’avis défavorable de la Haute autorité de santé (HAS), rendu en juin, qui a porté le coup fatal en concluant que ces remèdes ont « une efficacité insuffisante pour être proposés au remboursement ».

Entre 10 et 15 % de prise en charge

Il n’en fallait pas plus pour que le gouvernement annonce la fin progressive de la prise en charge des préparations homéopathiques. Alors que ces produits achetés en pharmacie étaient auparavant remboursés à hauteur de 25 à 30 %, le taux de la Sécurité sociale n’atteint désormais plus que 10 à 15 %, en vertu d’un décret publié au Journal officiel du 31 août 2019 et entré en vigueur le 1er septembre.

Ce n’est qu’une première étape de transition. Le ministère a d’ores et déjà annoncé que ces remèdes alternatifs ne seraient plus du tout pris en charge d’ici à 2021. Pour obtenir un soutien financier, c’est donc vers les mutuelles qu’il faudra se tourner puisque plusieurs proposent, souvent en option, un forfait d’homéopathie.