Pour répondre à l'inquiétude des parents, des offres d'assurance scolaire incluent un soutien contre le cyber-harcèlement.
Pour répondre à l'inquiétude des parents, des offres d'assurance scolaire incluent un soutien contre le cyber-harcèlement. — IStock / City Presse

ECOLE

Cyber-harcèlement : Les assurances scolaires proposent un soutien

Le harcèlement à l’école a toujours existé. Mais avec l’essor des réseaux sociaux, il a pris une tout autre dimension. L’assurance scolaire a donc évolué pour épauler les familles

À chaque rentrée c’est le même rituel : les familles cherchent l’assurance scolaire la plus adaptée à leur enfant, tandis que les assureurs sont sur le pied de guerre pour les convaincre d’adhérer à leur contrat. Or, justement, un nouveau type de garantie se démocratise. Son objectif : lutter contre le cyberharcèlement.

Une formule de plus en plus riche

Moyennant de 10 à 40 euros annuels, l’assurance scolaire fournit une protection à votre enfant dans le cadre de toutes ses activités périscolaires, culturelles et sportives. Malgré son appellation, cette couverture s’étend donc bien au-delà des grilles de l’école. Il s’agit de protéger l’enfant contre les accidents corporels qu’il pourrait subir, tout en lui apportant une garantie de responsabilité civile au cas où il viendrait à causer un dommage à quelqu’un d’autre.

Au-delà de ces deux protections de base, les assureurs ajoutent, souvent en option, des garanties complémentaires afin de répondre au mieux aux besoins des ménages. Il est ainsi possible de couvrir les situations de racket, de vol d’affaires scolaires, de dommages causés aux instruments de musique ou à un vélo, ou encore de financer l’école à domicile en cas de maladie. Évolution des mœurs oblige, ce contrat a étendu son champ d’action en intégrant la sphère virtuelle.

Un phénomène destructeur

Les enfants peuvent se révéler persécuteurs entre eux. Violence physique, insultes à répétition, moqueries stigmatisantes basées sur l’apparence, le handicap, l’identité de genre ou la condition sociale… Le harcèlement est une réalité chez les adolescents. Et c’est avant tout dans la cour de récréation qu’il prend racine, notamment en fin d’école primaire et au collège. D’après les données du ministère, un élève sur dix en serait victime.

Auparavant, les souffre-douleur pouvaient trouver refuge chez eux. Mais à l’heure des réseaux sociaux, cette violence se déverse désormais de façon continue en ligne. Particulièrement dévastateur, le cyber-harcèlement massifie la persécution à coups de photos et de messages haineux et humiliants partagés avec des centaines d’élèves en quelques clics.

Les assureurs en renfort

Si les campagnes publiques de prévention et l’action des associations sont le premier rempart contre de tels agissements, les assureurs ont aussi leur rôle à jouer. Dès 2015, la MAE, principal acteur du marché, a intégré à son assurance scolaire un soutien psychologique en cas de harcèlement et de cyberharcèlement. Sa formule la plus complète propose en prime un service d’informations juridiques sur l’e-réputation.

Aujourd’hui, cet appui psychologique est aussi inclus dans les offres de la Matmut et de MMA, qui prévoit quatre consultations. Dans la même idée, Banque Casino a récemment sondé ses adhérents : « 26 % ont répondu qu’ils souhaitaient une protection contre le cyberharcèlement », nous a expliqué le directeur général, Marc Lanvin. Résultat : son assurance scolaire prévoit trois entretiens téléphoniques de soutien médico-psychologique, une assistance juridique sur l’e-réputation, mais aussi une intervention amiable auprès des réseaux sociaux pour obtenir la suppression des contenus en cause et une procédure d’enfouissement des données, afin que les éventuels liens récalcitrants n’apparaissent plus dans les premiers résultats de recherche du Net.

Une assistance gratuite

Si certaines assurances monnaient l’accompagnement des familles, rappelons que plusieurs dispositifs gratuits existent. Il s’agit du 3020, le numéro vert « Non au harcèlement », qui est une plateforme d’écoute anonyme assurée par des psychologues et des professionnels de l’éducation. Elle peut orienter vers un lieu d’accueil et aider à faire cesser cette situation. Mais également le 0 800 200 000, soit le numéro vert « Net Écoute ». Gérée par l’association e-Enfance, spécialisée dans la protection des mineurs sur Internet, cette ligne dédiée au cyberharcèlement est animée par des psychologues, des juristes et des experts des usages numériques des jeunes capables d’obtenir la suppression des contenus en cause en quelques heures.