XL Airways : des « marques d’intérêt » mais pas d’offre ferme de reprise

AERIEN Des repreneurs se sont manifestés, mais des questions subsistent quant à leur capacité de paiement

20 Minutes avec AFP

— 

Rassemblement de salariés de XL Airways pour protester contre le dépôt de bilan, le 23 septembre 2019, à Paris.
Rassemblement de salariés de XL Airways pour protester contre le dépôt de bilan, le 23 septembre 2019, à Paris. — Romuald Meigneux/SIPA

Plusieurs « marques d’intérêts », mais pas d’offre ferme. Les éventuels repreneurs de XL Airways avaient jusqu’à samedi midi pour se faire connaître. Une source proche du dossier a indiqué que la compagnie aérienne avait reçu des « manifestations d’intérêt » et que des discussions avec des sociétés étrangères avaient lieu.

Des questions subsistent sur les capacités de financement des repreneurs qui se sont fait connaître. Comme pour Aigle Azur, qui a cessé ses activités vendredi, ces marques d’intérêts « ne sont pas financées », ce qui laisse planer le doute sur l’avenir de XL Airways.

« Aujourd’hui, on peut dire qu’on n’a pas rien du tout, mais on n’a pas non plus ce qu’il faut pour faire une offre (…). C’est compliqué à cette heure », a ajouté cette source.

35 millions d’euros pour repartir

En cessation de paiement, XL Airways a été placée lundi en redressement judiciaire, les repreneurs éventuels ayant jusqu’à samedi midi pour se faire connaître auprès de l’administrateur judiciaire, qui lui-même devait les déposer au greffe lundi au tribunal de commerce de Bobigny.

Laurent Magnin, le PDG de la compagnie aérienne, a estimé qu’elle avait besoin de 35 millions d’euros pour repartir. Selon lui, XL Airways est la victime de la « concurrence internationale débridée » des compagnies à bas coût long-courrier et du poids des taxes et charges sociales en France.

Ce dernier a multiplié les appels à l’aide vers Air France-KLM, sans succès. Vendredi, le dirigeant d’Air France-KLM Benjamin Smith a écarté l’idée de reprendre la compagnie en difficulté, disant ne voir « aucun bénéfice » pour son entreprise dans une telle opération.

« Trajectoire mortifère »

XL Airways emploie 570 collaborateurs et a transporté en 2018 quelque 730.000 passagers avec quatre Airbus A330, tous en leasing. Elle dessert essentiellement l’Amérique du Nord, notamment les Etats-Unis, les Antilles et la Réunion mais aussi la Chine.

Face aux difficultés de XL Airways et la faillite d’Aigle Azur, une quinzaine de syndicats du personnel du transport aérien ont appelé vendredi le gouvernement à venir en aide à leur secteur.

« Devant l’urgence du dossier, nous vous proposons de nous rencontrer au plus vite afin d’alimenter votre réflexion sur la stratégie qui demain sortira le transport aérien français de la trajectoire mortifère dans laquelle il est engagé », ont écrit ces syndicats regroupés en intersyndicale dans une lettre ouverte au secrétaire d’État aux Transports Jean-Baptiste Djebbari.