La SNCF veut un rapprochement entre Eurostar et Thalys

TRANSPORTS Le patron de la SNCF Guillaume Pepy plaide pour la création d’une entreprise européenne plus efficace, dans un projet baptisé « Green Speed »

20 Minutes avec AFP

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Guillaume Pepy, le PDG de la SNCF, le 12 septembre 2018 à Paris.
Guillaume Pepy, le PDG de la SNCF, le 12 septembre 2018 à Paris. — SIPA

La SNCF veut entamer le rapprochement de ses filiales Eurostar et Thalys, qui assurent des liaisons à grande vitesse vers Londres et le Benelux pour créer une entreprise européenne plus efficace, a annoncé vendredi son patron Guillaume Pepy.

« Combiner les deux réseaux » a trois avantages, a-t-il expliqué à des journalistes : « Faire un bout de l’Europe de la grande vitesse », « simplifier la vie des gens » et augmenter la fréquentation. « On pense qu’il y a un potentiel de l’ordre de 30 millions » de voyageurs sur les deux réseaux, contre 18,5 millions en 2018, a relevé le dirigeant. « Notre objectif (…), c’est de créer une entreprise européenne qui va permettre de faciliter le transport de ville à ville entre les pays et qui va concurrencer l’aérien et la voiture », a noté Rachel Picard, la directrice générale de SNCF Voyages.

Le projet « Green Speed »

La mise en commun des ressources d’Eurostar et Thalys, notamment de leurs flottes et de leurs systèmes d’information et de distribution – avec notamment un programme de fidélité commun – permettrait d’être plus efficace, plaide la SNCF.

Le projet de rapprochement, baptisé « Green Speed », a été présenté vendredi aux conseils d’administration des actionnaires des deux compagnies. Une fois qu’il sera « précisément défini », il devra être soumis à l’approbation desdits conseils, à l’information-consultation des représentants du personnel ainsi qu’à l’autorisation de la Commission européenne.

Une fusion « entre 18 mois et deux ans »

La fusion, si elle se fait, devrait prendre « entre 18 mois et deux ans », selon Guillaume Pepy. Et ni le siège de la future entité – Eurostar est actuellement basé à Londres et Thalys à Bruxelles – ni la marque qui serait choisie au final n’ont encore été décidés, a-t-il affirmé.

« Dans ce projet, Bruxelles jouerait pleinement son rôle de plaque tournante, positionnée au centre des différentes liaisons et villes desservies », a indiqué Sophie Dutordoir, directrice générale de la Société des chemins de fer belge (SNCB) et présidente du conseil d’administration de Thalys. « Ce rapprochement entre Thalys et Eurostar arriverait à un bon moment et il ne pourrait qu’être positif pour l’ensemble des voyageurs. Il s’agirait en effet d’une alliance forte de compétences ferroviaires et d’actionnaires stables », alors que « le train est plus que jamais la solution durable, sûre, rapide et efficace pour effectuer ses déplacements en Europe », a-t-elle affirmé, citée dans un communiqué.

Un double réseau contrôlé par la SNCF

La compagnie Eurostar est détenue à 55 % par la SNCF, à 40 % par le consortium Patina Rail – composé pour 30 % de la Caisse de dépôt et placement du Québec et 10 % du fonds britannique Hermes Infrastructure – et à 5 % par la SNCB. Assurant des liaisons à grande vitesse entre Londres et Paris, Bruxelles et Amsterdam via le tunnel sous la Manche, elle a transporté 11 millions de passagers en 2018, pour un chiffre d’affaires de 1,15 milliard d’euros.

Thalys, filiale à 60 % de la SNCF et de 40 % de la SNCB, a transporté 7,5 millions de personnes entre la France, la Belgique, l’Allemagne et les Pays-Bas l’an dernier, et réalisé un chiffre d’affaires de 527 millions d’euros. « L’idée est de développer et d’étendre » ce double réseau, et la SNCF « souhaite à l’évidence garder le contrôle » de l’ensemble, a souligné Guillaume Pepy.