Uber: Une application centralisera tous les modes de transport, y compris publics

SERVICES La nouvelle offre ne devrait toutefois pas permettre de dégager des profits à court terme

20 Minutes avec AFP

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Le logo de Uber sur un écran à la bourse de New York le 16 août 2019
Le logo de Uber sur un écran à la bourse de New York le 16 août 2019 — Richard Drew/AP/SIPA

Uber a présenté jeudi une nouvelle application qui propose à ses utilisateurs aussi bien de réserver une voiture que d’opter pour les transports en commun, ainsi qu’une série d’améliorations de ses services. Toutefois, il n’y a toujours pas de perspective concrète de dégager des profits pour l’entreprise dans un avenir proche.

L’entreprise veut gagner la confiance de ses clients

La nouvelle application, testée dans des centaines de villes américaines et ailleurs, permet de comparer les différents moyens de transports (voiture, vélo, trottinette, transport public, hélicoptère Uber à New York…) et trajets possibles, ainsi que les coûts de ces différentes options, en temps réel. Google Maps, Citymapper et d’autres fournissent déjà ce type de service mais Uber permet également de passer à l’action en appelant une voiture avec chauffeur, en prenant un vélo électrique ou en commandant un repas (Uber Eats), par exemple.

« Les transports publics sont souvent moins chers et plus rapides que la voiture », admet David Reich, directeur de la circulation chez Uber. « Il s’agit de gagner la confiance des utilisateurs, et de montrer aux villes que nous desservons que nous sommes le meilleur partenaire », détaille-t-il.

Des pertes colossales

Le leader mondial des VTC tente ainsi de construire un écosystème dans lequel ses clients passeront potentiellement plus de temps. En termes de modèle économique, cette évolution constitue un pari sur le long terme : retenir ses utilisateurs dans son univers de services, avec des mécanismes d’abonnements et de fidélisation, permettra à Uber de récolter encore plus de données et de multiplier les occasions de monétiser cette clientèle. « L’idée est bonne, mais la question c’est : allez-vous rester dans l’appli Uber ? », remarque l’analyste américain Rob Enderle. « Il y a un danger, avec ce genre d’applications, que l’expérience ne se traduise pas de la façon prévue. (…) Si vous voulez manger, vous pensez à la nourriture, pas à la voiture. Pour chaque service les objectifs sont différents ». « Je pense que cette appli va rendre les choses plus difficiles pour Uber parce qu’il n’y a pas de synergies apparentes entre les offres », a-t-il ajouté.

Uber, qui est entré en Bourse cette année, a perdu au deuxième trimestre de cette année 1,3 milliard de dollars. Surtout, sa croissance a ralenti, tandis que ses dépenses ont doublé sur un an, à 8,65 milliards de dollars. Les analystes sont donc pour le moment sceptiques sur la nouvelle stratégie adoptée.