Budget 2020: Les gagnants et perdants des ministères

ECONOMIE Le budget des Armées et l'Intérieur devrait augmenter de 4% tandis que Bercy devra se serrer la ceinture et que l'Ecologie et l'Education nationale perdront des postes

20 Minutes avec AFP

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Le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire et celui de l'Action et des Comptes Publics Gerald Darmanin présente le PLF2020, le 26 septembre 2019.
Le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire et celui de l'Action et des Comptes Publics Gerald Darmanin présente le PLF2020, le 26 septembre 2019. — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Le projet de loi de finances (PLF) pour 2020 va faire la part belle aux Armées et à l’Intérieur, tandis que la Cohésion des territoires (logement) voit son budget réduit et que Bercy, l’Education et la Transition écologique perdent des postes. Voici ce qui attend chacun des principaux ministères selon des arbitrages provisoires réalisés en juillet :

Les gagnants

  • Les Armées vont connaître la plus forte hausse, avec 1,53 milliard d’euros de crédits budgétaires supplémentaires (+4 %). La loi de programmation militaire avait acté l’engagement de l’Etat à augmenter de 1,7 milliard d’euros par an les crédits de la mission "Défense" (nouveaux programmes d’armements, défense spatiale, cybersécurité, chantier engagé sur la nouvelle politique de rémunération des militaires). Les postes supplémentaires seront limités à 300 (chiffre confirmé mercredi), contre 450 en 2019.
  • L’Intérieur voit son budget augmenter de 740 millions d’euros (+4 %), notamment pour financer des hausses de salaires pour la police et la gendarmerie. Sur la durée du quinquennat 2 milliards d’euros sont prévus pour créer 10.000 emplois. Avec 1.300 postes gagnés en 2020 (+0,4 %), l’Intérieur sera le ministère qui verra la plus forte hausse du nombre de fonctionnaires.

Les perdants

  • Le plafond de dépenses du ministère de la Cohésion des territoires est abaissé de 1,35 milliard d’euros (-6,4 %). Des économies que l’Etat veut réaliser grâce à la réforme des aides personnalisées au logement (APL), dont l’application prévue en 2019 a été repoussée au 1er janvier 2020. Ces aides seront calculées non plus sur la base des revenus perçus deux ans avant l’année en cours, mais sur les 12 derniers mois glissants, révisables tous les trois mois.
  • Le ministère des Comptes publics verra son budget baisser de 120 millions d’euros et perd près de 1.700 postes, soit 1,3 % de son personnel, une diète qui va se poursuivre jusqu’à la fin du quinquennat avec plus de 5.700 postes supprimés jusqu’en 2022. Le ministère de l’Economie et des Finances se serre lui aussi la ceinture (-363 postes, soit 2,1 % de postes en moins), malgré un budget en hausse de 300 millions d’euros (+7,2 %).
  • L’audiovisuel public devra faire avec 70 millions d’euros de moins qu’en 2019, soit une enveloppe en baisse de 1,8 %.

Les situations contrastées ou stables

  • Le ministère de la Justice enregistre des crédits en augmentation de 200 millions d’euros, mais c’est moins que les près de 400 millions d’euros prévus dans la loi de programmation pluriannuelle de la justice. Le nombre de postes augmente de près de 1.200, également en deçà des 1.600 prévus dans la loi de programmation. Le gouvernement justifie cette révision par des retards dans certains chantiers pénitentiaires.
  • L’Education nationale gagne 1,04 milliard d’euros (+2 %), mais perdra l’an prochain 1.242 postes (0,1 % des effectifs). Ses effectifs devraient ensuite rester stables jusqu’en 2022.
  • Le ministère des Solidarités et de la santé voit son plafond de dépenses augmenter de 820 millions d’euros (+6,3 %) mais perd près de 400 postes, soit 2,2 % de ses effectifs, avant 600 autres suppressions de postes prévues en 2021 et 2022.
  • La Transition écologique sera dotée de 640 millions d’euros supplémentaires (+2 %), mais perd plus de 1.750 postes en 2020 (-1,8 %), et près de 5.000 sur trois ans jusqu’en 2022.
  • Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation conserve exactement le même nombre d’agents (257.785) avec un budget en légère augmentation (+2 %).
  • L’Agriculture aura un budget inchangé et des effectifs stables.
  • Les effectifs du ministère du Travail et son budget restent stables.