Quelles priorités pour le budget 2020, présenté ce jeudi ?

FINANCES Des baisses d’impôts sont prévues pour les ménages et les entreprises

Nicolas Raffin

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Gérald Darmanin et Bruno Le Maire ont présenté le budget 2020 ce jeudi 26 septembre.
Gérald Darmanin et Bruno Le Maire ont présenté le budget 2020 ce jeudi 26 septembre. — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA
  • Bruno Le Maire et Gérald Darmanin ont présenté le budget 2020 ce jeudi.
  • Les ministres ont mis l’accent sur les baisses d’impôt pour les particuliers et les entreprises.
  • L’exécutif va également ralentir les suppressions de poste dans la fonction publique.

« Baisser les impôts, préparer l’avenir ». Non, ce n’est pas l’énoncé du prochain bac de philo, mais le mantra mis en avant par le gouvernement pour le projet loi de finances (PLF) de 2020, présenté ce jeudi par Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, les deux ministres de Bercy.

Ce sont d’abord les Français redevables de l’impôt sur le revenu (acquitté par 43 % des foyers fiscaux) qui peuvent se réjouir. Le gouvernement a budgété 5 milliards d’euros de baisse pour eux, conformément aux annonces faites par Emmanuel Macron à la fin du Grand débat national. « Cela concerne 17 millions de foyers » a rappelé Gérald Darmanin.

Les ménages imposables choyés…

Dans le détail, les contribuables situés dans la première tranche d’imposition (entre 9.964 et 27.519 euros de revenus, taxée à 11 % l’année prochaine) peuvent espérer un gain annuel d’environ 350 euros. Cela représente 12 millions de foyers. Pour les foyers situés dans la deuxième tranche (entre 27.519 et 73.779 euros), imposée à 30 %, le gain sera d’environ 180 euros en moyenne.

La baisse de la taxe d’habitation sera aussi au menu, puisque 80 % des foyers ne la paieront plus dès l’année prochaine. Pour les autres, les plus « aisés », elle diminuera progressivement, jusqu’à totalement disparaître en 2023. Cela représente 3,7 milliards d’euros en moins pour le budget de l’État. Enfin, la défiscalisation des heures supplémentaires, déjà en vigueur cette année, devrait réduire la facture fiscale de 800 millions d’euros l’an prochain.

Au total, la baisse d’impôts et de taxe pour les particuliers atteint 9,3 milliards d’euros. Pour Gérald Darmanin, « ce qui compte dans cette matière comme dans l’amour, ce sont les preuves. Quand ils verront leur fiche de paie en janvier prochain, les Français comprendront que nous n’avons pas menti. »

…Les autres un peu moins

Pour autant, certains ménages vont subir d’autres choix de l’exécutif. Ceux qui perçoivent des allocations familiales ou des aides personnalisées au logement seront directement concernés. Ces allocations progresseront (+0,3 %), mais beaucoup moins vite que l’inflation (attendue à +1 % en 2020), ce qui entraînera mécaniquement un affaiblissement du pouvoir d’achat. Rien qu’avec les APL, dont le mode de calcul va changer en 2020, le gouvernement espère dégager environ 1,2 milliard d’euros d’économies par an. Quant aux retraités, certains pourront aussi avoir des motifs de mécontentements : les pensions supérieures à 2.000 euros ne seront pas réindexées sur l’inflation.

Le gouvernement a également fait le choix de réaliser des économies sur l’assurance-chômage, en revoyant les règles de calcul des allocations et en durcissant les conditions d’accès (on vous explique tout ça en détail dans cet article). Une opération qui permettra d’économiser environ 3,4 milliards d’euros d’ici à 2021.

Le budget 2020 de l’État comporte aussi des mesures pour les entreprises. Certes, l’exécutif a supprimé certaines niches fiscales, ce qui a mécontenté le patronat, Medef en tête. Mais en réalité, les entreprises bénéficieront bien d’une baisse nette d’un milliard d’euros l’année prochaine. Ce résultat tient avant tout à la baisse de l’impôt sur les sociétés, qui atteindra un taux de 25 % en 2022 (il était à 33 % auparavant). Au global, depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, les prélèvements obligatoires sur les entreprises auront diminué de 9,4 milliards d’euros.

La réduction du nombre de fonctionnaires largement revue

Du côté des dépenses, la fameuse promesse d’Emmanuel Macron de supprimer 50.000 emplois dans la fonction publique d’État d’ici à 2022 a été remisée au fond du grenier de l’Elysée et prend tranquillement la poussière. Cet été, l’exécutif avait en effet parlé de 15.000 suppressions de poste durant le quinquennat. Ce jeudi, Gérald Darmanin a donné un nouveau décompte : 10.500 fonctionnaires en moins d’ici à 2022, pratiquement cinq fois moins que l’objectif initial.

L’année prochaine, il y aura donc… 47 fonctionnaires de moins, selon le document remis aux journalistes. Un nombre qui peut prêter à rire, mais qui cache de profondes disparités selon les ministères. En 2020, 2.000 recrutements sont par exemple prévus dans la police et la gendarmerie nationale, et 1.520 emplois doivent être créés au ministère de la Justice, principalement dans l’administration pénitentiaire. A l’inverse, Bercy (-1.800 postes), ou encore le ministère de la Transition écologique (- 797 postes) devront réduire leurs effectifs.