Hauts-de-France : L’ouverture à la concurrence des TER ne fait pas l’unanimité

TRANSPORTS La nouvelle convention entre la SNCF et la région Hauts-de-France prévoit l’ouverture à la concurrence de 20 % de l’offre régionale des TER. Une décision qui alarme les syndicats

Nicolas Gutierrez C.

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Des TER de la région Hauts-de-France (illustration).
Des TER de la région Hauts-de-France (illustration). — M.Libert / 20 Minutes
  • Pour la CGT, « cette décision ne se justifie pas » notamment en cette période de crise environnementale.
  • Du côté de l’association d’usagers FNAUT, on cite l’exemple allemand où « le service des trains régionaux est devenu plus efficace » après l’ouverture à la concurrence.

Moins de sécurité et des services diminués dans les gares demain ? C’est ce que craignent les cheminots de la CGT du Nord-Pas-de-Calais, qui voient dans l’ouverture à la concurrence, à hauteur de 20 % de l’offre TER dans les Hauts-de-France, une porte ouverte au déclin du réseau ferroviaire et à l’amoindrissement des services en gares.

« Il y a un manque évident d’ambition pour un vrai développement ferroviaire », regrette Xavier Wattebled, président de la commission économique du CSE SNCF Hauts-de-France et élu CGT. « Cette décision ne se justifie pas, alors que la SNCF a communiqué des chiffres records de fréquentation lors de la période estivale et qu’on est en pleine crise environnementale, ajoute-t-il. On nous dit que le train c’est cher, mais la pollution coûte beaucoup plus cher à la collectivité que le train. »

La concurrence causera une détérioration des services ?

« L’ouverture à la concurrence n’aura aucun avantage pour les utilisateurs, car ce n’est même pas de la vraie concurrence : certains trajets seront donnés à des entreprises privées, qui auront le monopole de l’exploitation de ce trajet. Quel est l’intérêt si ce n’est pas pour donner le choix aux utilisateurs ? se demande le syndicaliste. Cela aboutira seulement à une diminution du service, à plus de retards et moins de sécurité pour les utilisateurs. »

Cependant, tout le monde n’est pas du même avis. « La diminution du service ne viendra pas avec l’ouverture à la concurrence, la SNCF est déjà en train de le faire », argumente Gilles Laurent, vice-président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT) Hauts-de-France. « La sécurité ne risque pas de baisser non plus car elle sera toujours gérée par la SNCF. Les syndicats avaient dit la même chose lors de l’ouverture à la concurrence pour le Fret et ce n’est pas arrivé », affirme-t-il.

Ce représentant des associations d’usagers se dit au contraire favorable à cette concurrence : « En Allemagne, ça a été une bonne expérience et le service des trains régionaux est devenu plus efficace. » Mais Dominique Sens, responsable régional CGT cheminots du Nord-Pas-de-Calais, nuance ces propos : « Chez nos voisins allemands la privatisation a seulement fonctionné quand elle a été accompagnée de grands investissements, rien ne nous assure que ça sera le cas ici. »

Sollicité par 20 Minutes, le conseil régional des Hauts-de-France, instigateur de cette ouverture à la concurrence précoce, n'a pas encore donné suite.