Michelin : L’usine de La Roche-sur-Yon « dans une situation très préoccupante » pour le patron du groupe

INDUSTRIE Le patron du groupe a envoyé une lettre au syndicat Sud au sujet de l'avenir de l'usine vendéenne, qui emploie 650 salariés

20 Minutes avec AFP

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Usine de pneus Michelin, à la Roche-sur-Yon, le 22 avril 2016
Usine de pneus Michelin, à la Roche-sur-Yon, le 22 avril 2016 — JEAN-SEBASTIEN EVRARD AFP
  • « Je comprends votre inquiétude concernant le site de la Roche-Sur-Yon », souligne Florent Menegaux.
  • Pour lui, depuis quatre ans, Michelin « met tout en œuvre pour que ce site augmente ses volumes et redresse sa performance ».

Les craintes des syndicats et de certains élus sont désormais confirmées. Dans un courrier, le président de Michelin Florent Menegaux a indiqué que le site de La Roche-sur-Yon ( Vendée) était bel et bien jugé « dans une situation très préoccupante » en raison de conditions « défavorables » sur le marché des pneus pour poids lourds.

« Je comprends votre inquiétude concernant le site de la Roche-Sur-Yon », souligne Florent Menegaux dans une lettre adressée au syndicat Sud qui lui avait écrit à ce sujet le 16 septembre. L’usine, spécialisée dans les pneus pour les poids lourds, est « depuis plusieurs mois dans une situation très préoccupante et ce, malgré les efforts notables des salariés », ajoute-t-il.

Segment poids lourd en baisse

Depuis quatre ans, Michelin « met tout en œuvre pour que ce site augmente ses volumes et redresse sa performance », souligne le dirigeant. Un « pacte d’avenir » avait été lancé en 2016 : une nouvelle organisation du travail avait alors été mise en place en contrepartie des investissements de Michelin sur le site. Mais ce pacte soutenu par « près de 70 millions d’euros d’investissements » était « étroitement » lié « à l’évolution du segment poids lourd en Europe et au niveau de la demande qui malheureusement sont défavorables depuis de nombreux mois maintenant », fait valoir Florent Menegaux.

Plusieurs syndicats ont fait part depuis plusieurs jours de leurs inquiétudes concernant une éventuelle fermeture de l’usine qui emploie environ 650 salariés. « Il est hors de question pour notre organisation syndicale de se résigner à l’éventualité d’une fermeture d’usine sans trouver des solutions afin de protéger l’ensemble des salariés du site », a réagi Jérôme Lorton, délégué syndical de Sud.

« La coopération de tous »

Son organisation entend demander une expertise économique sur la situation du site lors d’un CSEC (Comité social et économique central) prévu vendredi à Clermont-Ferrand. Dans son courrier, Florent Menegaux rappelle avoir entrepris « une démarche innovante » avec les syndicats CFE-CGC, CFDT et Sud, qui ont participé cet été à des groupes de travail visant à établir des diagnostics site par site.

« Soyez assuré de ma pleine conscience des préoccupations de nos collègues de la Roche-sur-Yon en cette période d’incertitude », ajoute le président de Michelin. Pour lui, le groupe fait face « à un défi de performance qui ne pourra être relevé que par la coopération de tous ».