Marseille : Provepharm, le labo pharmaceutique qui fait des nouveaux médicaments avec des molécules négligées

INNOVATION L’usine Provepharm à Marseille, dont la spécialité est l’innovation sur des molécules déjà connues, investit massivement pour son développement

Adrien Max

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Michel Feraud, le PDG de Provepharm dans la nouvelle unité de production.
Michel Feraud, le PDG de Provepharm dans la nouvelle unité de production. — Provepharm
  • L’usine Provepharm a fait le choix de se spécialiser dans l’innovation sur des molécules déjà connues, au contraire des médicaments génériques ou de la biotechnologie.
  • Elle va acquérir de nouvelles molécules et inaugure une toute nouvelle unité de production pour sécuriser l’approvisionnement de ses médicaments.
  • Michel Féraud, PDG de l’entreprise, a reçu le titre de manager de l’année.

L’usine Provepharm, située à Château-Gombert, dans le 13e arrondissement de Marseille, a inauguré  mercredi une toute nouvelle unité de production. Ce laboratoire pharmaceutique créé en 1998 par Michel Féraud, s’est spécialisé dans une troisième voie qui n’est ni celle du médicament générique, ni celle des biotechnologies. Mais celle de la recherche sur des molécules déjà existantes. Une réussite qui vaut à son directeur, Michel Féraud, le titre de manager de l’année. 20 Minutes vous explique tout sur Provepharm.

Le bleu de méthylène, la signature de l’entreprise 

Beaucoup de laboratoires font soit le choix de se spécialiser dans les biotechnologies, qui nécessitent pas moins d’une quinzaine d’années de recherche pour des résultats qui ne sont pas toujours au rendez-vous, soit celui des génériques, où l’objectif est de faire à l’identique des molécules déjà connues, mais moins chères. Au contraire, Provepharm s’est spécialisé dans les molécules connues, dont le potentiel est négligé, pas exploité.
« Le bleu de méthylène est une molécule vieille de 140 ans, mais il y avait des problèmes de qualité, notamment par la contamination de certains métaux lourds. Nous sommes parvenus à le purifier avant d’obtenir une autorisation de mise sur le marché dans une trentaine de pays, dont l'Europe et aux Etats-Unis. Il est indiqué pour traiter la méthémoglobinémie, un empoisonnement du sang qui peut notamment se produire lors de l’inhalation de poppers [drogue euphorique qui s'inhale] », explique Michel Feraud.

Innover grâce aux savoirs anciens

La force de Provepharm, qui emploie une soixantaine de salariés, est de s’intéresser à des molécules déjà existantes, pour lesquels l’entreprise récupère les connaissances tout en apportant une innovation qui permettra une meilleure approbation des agences de santé, tout en découvrant de nouvelles applications. « Cela réduit forcément le temps d’approbation en capitalisant sur les données disponibles depuis des décennies. Le délai est en général de 15 ans pour les biotechs quand nous avons obtenu les approbations en cinq ans », avance Michel Feraud.

Un premier succès qui en appelle d’autres 

Cette première réussite, qui a permis à Provepharm d’atteindre 38 millions d’euros de chiffre d’affaires l’année dernière, a découlé sur une deuxième bonne nouvelle : celle d'avoir bouclé la plus grosse levée de fond de la région sud-est, avec 42 millions d’euros. « L’objectif est de développer de nouveau produits avec la même approche, en acquérant des nouvelles molécules, puis, grâce à la recherche en interne, de trouver un nouveau développement médical », prévient le directeur.

Le bâtiment de Provepharm dans lequel se trouve la nouvelle unité de production.
Le bâtiment de Provepharm dans lequel se trouve la nouvelle unité de production. - Provepharm

Un autre investissement de 9 millions d’euros a permis à Provepharm de faire sortir une nouvelle unité de production, alors que le bleu de méthylène était jusqu’alors produit par un sous traitant. « Nous souhaitons maîtriser toute la chaîne de production, tout en sécurisant l’approvisionnement de ces médicaments avec un service médical rendu (SMR) important », explique Michel Féraud. Cette approche rationnelle sur la production de médicaments, couplée à la valeur ajoutée qu’apportent ses équipes, ont permis à Michel Féraud de remporter le prix du manager de l’année dans le sud-est de la France. Un titre qui récompense les parcours d’Hommes qui ont fait preuve d’innovation tout en améliorant la qualité de vie à travers le monde.