Thomas Cook: Le voyagiste britannique fait faillite

ECONOMIE Les autorités vont devoir organiser un rapatriement massif de quelque 600.000 touristes dans le monde

Mathias Cena

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Une affiche du voyagiste Thomas Cook à l'aéroport de Gatwick, à Londres.
Une affiche du voyagiste Thomas Cook à l'aéroport de Gatwick, à Londres. — Amer Ghazzal / SOPA Images/Sipa

Le voyagiste britannique Thomas Cook a annoncé lundi qu’il faisait faillite après avoir échoué au cours du week-end à trouver des fonds nécessaires pour sa survie, et va entrer en « liquidation immédiate ».

Les autorités vont devoir organiser un rapatriement massif de quelque 600.000 touristes dans le monde dont 150.000 pour la Grande-Bretagne, deux fois plus que lors de la faillite de la compagnie aérienne britannique Monarch il y a deux ans, soit l’opération la plus importante pour des civils depuis la Seconde Guerre mondiale.

« Malgré des efforts considérables (au cours du week-end), les discussions entre les différentes parties prenantes du groupe et de nouvelles sources de financements possibles n’ont pas débouché sur un accord. Le conseil d’administration a donc conclu qu’il n’avait d’autre choix que de prendre les mesures pour entrer en liquidation judiciaire avec effet immédiat », explique le communiqué.

En parallèle, l’autorité britannique de l’Aviation (CAA) a indiqué que le groupe Thomas Cook, « tour-opérateur et compagnie d’aviation à la fois, a cessé ses activités avec effet immédiat. Toutes les réservations Thomas Cook, vols et séjours, sont désormais annulées ».

Le plus ancien tour-opérateur indépendant du monde

Né en 1841, le plus vieux tour-opérateur indépendant du monde compte 22.000 employés dont 9.000 au Royaume-Uni. Le voyagiste, très lourdement endetté, a vu son horizon s’assombrir ces dernières années à cause de la concurrence acharnée des sites Internet de voyage à bas prix et de la frilosité de touristes inquiets du Brexit, notamment. Il avait annoncé une perte abyssale de 1,5 milliard de livres pour le premier semestre, pour un chiffre d’affaires de quelque 10 milliards.

Son destin s’est joué en quelques jours : des créanciers lui ont demandé la semaine dernière de trouver 200 millions de livres (227 millions d’euros) de financements supplémentaires pour qu’un plan de sauvetage déjà accepté de 900 millions de livres et mené par le chinois Fosun, premier actionnaire, soit validé. Des discussions marathon ont eu lieu tout le week-end, mais en vain.