Bien que certains veulent déjà en vendre la peau, le diesel n’est pas encore mort, et conserve certains atouts, notamment en matière de… C02 !
Bien que certains veulent déjà en vendre la peau, le diesel n’est pas encore mort, et conserve certains atouts, notamment en matière de… C02 ! — © Creative Common

AUTO

Salon de Francfort 2019: Quel avenir pour le diesel ?

Zones à faibles émissions anti-diesel, sortie du diesel à Paris annoncée pour 2024, idem à Strasbourg un an plus tard, pas très populaire au Salon de Francfort : le gazole a la vie dure… Ce carburant va-t-il disparaître ? Analyse. 

En sortant du Salon de Francfort 2019, le premier mot qui nous vient à l’esprit est électrification. La plupart des véhicules présentés sont 100 % électriques, hybrides (essence-électricité) rechargeables ou… à essence. Suite au Dieselgate, Porsche a totalement abandonné ce carburant. Pour une marque sportive, on peut le comprendre. Néanmoins, il ne faut pas balayer le diesel si rapidement ! Chez Audi, les gros SUV SQ7 et SQ8 sportifs ont une motorisation… diesel ! Chez Land Rover aussi, le tout nouveau Defender présenté à Francfort aura bien droit, entre autres, à deux motorisations diesel. Même s’il n’était pas présent à Francfort, Toyota se vante parfois de ne proposer qu’une gamme 100 % essence aux particuliers. Pourtant, le pick-up Hilux et d’autres utilitaires – ou monospaces, comme le ProAce Verso – issus du partenariat avec PSA ne sont proposés… qu’en diesel ! Et il y a plusieurs raisons à cela. 

La « force » du diesel 

Même s’ils sont souvent plus chers à l’achat et à l’entretien qu’un équivalent à essence, les modèles diesel ont bien quelques avantages. Pour ceux qui parcourent plus de 30.000 km/an, ils sont plus rentables. Aussi, ils consomment moins et donc, rejettent moins de CO2. Les constructeurs trouvent cependant la parade avec des modèles hybrides (rechargeables). En revanche, si on pense aux sociétés et indépendants qui ont besoin de véhicules utilitaires pour tracter ou transporter des charges lourdes, le diesel devient quasiment incontournable grâce au couple (la force avec laquelle la puissance est transmise à la route) élevé qu’il propose. Seul un moteur électrique puissant peut faire mieux mais c’est là que vient se poser le problème de l’autonomie.

Quelques embûches

Pour certains professionnels, il est donc compliqué d’envisager un autre achat qu’un véhicule roulant au gazole. Pourtant, de nombreuses villes européennes prennent la décision de bannir à moyenne échéance les moteurs au diesel. On peut citer Paris en 2024, Strasbourg en 2025 ou encore Bruxelles en 2030. Une récente étude du Conseil International pour un Transport Propre (ICCT) a prouvé que les véhicules diesel de dernière génération, répondant aux Normes Euro 6 si exigeantes et coûteuses pour les constructeurs (et donc, in fine, pour les acheteurs), rejetaient six fois plus de d’oxydes d’azote (NOx) que prévu. Il faut nuancer en précisant que ce polluant cancérigène ressort également de toute autre voiture, quelle qu’en soit la motorisation ! Dans tous les cas, ce n’est pas ce genre de nouvelle qui va sauver le diesel. Heureusement, les voitures hybrides rechargeables et électriques vont encore améliorer leurs performances mais le coût d’achat reste important, pour l’instant. 

En guise de conclusion, nous aurions donc tendance à écrire que le diesel doit continuer à exister et évoluer pour certains profils d’utilisateurs, du moins, si les villes et l’Europe le permettent...

Retrouvez notre dossier spécial "Salon de Francfort 2019"