Salon de Francfort 2019: Voitures anciennes, un marché en or ?

AUTO Les voitures anciennes et de collection deviennent des valeurs refuge. Au point même de faire leur apparition au Salon de Francfort où un hall complet leur est dédié pour la première fois dans l’histoire de l’événement. Alors simple mode passagère ou phénomène durable ? Focus sur un univers passionnel.

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L’automobile ancienne continue de faire recette, et enchaîne les records de vente. Mais cette « bulle » est à son tour menacée par les normes environnementales. Lancer le diaporama
L’automobile ancienne continue de faire recette, et enchaîne les records de vente. Mais cette « bulle » est à son tour menacée par les normes environnementales. — © Maxime Herion

En quelques années, les voitures anciennes et de collection sont tellement devenues à la mode qu’un énorme marché lucratif s’est créé autour d’elles. On ne compte plus les marchands, les revendeurs de pièces, les salons qui leurs sont dédiés. Historiquement, les premiers pionniers de l’automobile ancienne en Europe ont commencé à collectionner les voitures d’avant-guerre vers les années 50. À l’époque, ceux-ci étaient considérés comme de joyeux hurluberlus qui faisaient sourire les autres automobilistes. Il faudra attendre les années 80 pour que le phénomène se développe avec des véhicules d’après-guerre, plus facilement utilisables et adaptés au conditions de roulage modernes. Comme toute passion, les voitures anciennes connaissent des tendances qui font varier les prix. Si l’on a connu de véritables fièvres spéculatives sur les Ferrari ou les Porsche par exemple, il semble que le marché se soit actuellement calmé et principalement orienté vers les youngtimers, ces modèles des années 80-90. Pourtant, cela ne veut pas dire que ce soit une passion à la portée de toute les bourses. En effet, avec l’automobile actuelle en pleine mutation, il semble que de nombreuses personnes trouvent un refuge rassurant dans le marché de l’automobile ancienne et de collection qui s’impose comme un valeur étalon, au même titre que certains métaux précieux, par exemple.

L’automobile ancienne continue de faire recette, et enchaîne les records de vente. Mais cette « bulle » est à son tour menacée par les normes environnementales.
L’automobile ancienne continue de faire recette, et enchaîne les records de vente. Mais cette « bulle » est à son tour menacée par les normes environnementales. - © Maxime Herion

 

Pour la pérennité

Les passionnés n’hésitent pas à investir de grosses sommes dans la restauration ou l’entretien de leur voiture dans le but de la conserver en excellent état de fonctionnement. Cette frénésie pour les voitures d’autrefois a même contaminé l’IAA de Francfort qui leur réserve tout un hall dans une exposition baptisée « IAA Heritage ». Si la présentation des stands laisse parfois à désirer, le visiteur peut découvrir quelques spécialistes du négoce de belles voitures dont le prix pouvait souvent dépasser le million d’euros ! Bien sûr, ce marché est influencé par le mode actuelle touchant tout ce qui est vintage. Du coup, on pouvait y admirer de beaux tracteurs des années 50-60, d’anciennes motos et scooters, ainsi que de rutilantes pompes à essence de jadis : peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ! Car tel est bien là le plaisir premier de posséder un ancien véhicule : profiter pleinement et prendre le temps. Un excellent dérivatif pour s’éloigner du train-train quotidien…

La fin des haricots ?

Malheureusement, un grand danger menace les passionnés de voitures anciennes : les nouvelles normes environnementales. Celles-ci se développement rapidement, parfois de façon quasi-anarchique, et risquent à terme de condamner l’usage de ces véhicules à moteurs thermique dont les émissions n’étaient pas du tout contrôlées. Nul ne peut dire aujourd’hui ce qu’il adviendra de ces voitures d’ici quelques années. C’est pourquoi certaines entreprises décident de prendre ce problème à bras-le-corps. C’est le cas de la société allemande eClassic qui présente à l’occasion de l’IAA son eKäfer. Réalisée sur la base d’une Volkswagen Coccinelle cabriolet des années 70, celle-ci troque son antique moteur à refroidissement à air contre le moteur électrique et les batteries d’une VW e-UP ! Disposant d’une autonomie de 200 km idéale pour une petite ballade le week-end, la eKäfer préfigure le tournant que risque de prendre tôt ou tard le monde de la voiture de collection.

Retrouvez notre dossier spécial "Salon de Francfort 2019"