Image d'illustration de l'entreprises EDF.
Image d'illustration de l'entreprises EDF. — ALAIN JOCARD / AFP

MOUVEMENT SOCIAL

EDF : Les personnels mobilisés contre le projet «Hercule» de scission

Les syndicats CGT, CFDT, FO et CGC-CFE manifestent ce jeudi dans plusieurs régions de France contre ce projet

Les personnels d’EDF sont appelés à la grève jeudi par l’ensemble des syndicats contre le projet « Hercule » de scission des activités commerciales et de production, avec un rassemblement à Paris depuis 14h30 devant le ministère de la Transition écologique.

CGT, CFDT, FO et CGC-CFE ont appelé à une grève « massive » et à des « baisses de production », qui ne devraient toutefois pas se traduire par des coupures de courant. Des rassemblements et actions « coup de poing » en région sont aussi prévus. Dans le Bas-Rhin, une trentaine de salariés (selon la préfecture) des centrales de production hydraulique ont bloqué la circulation fluviale au niveau de l’écluse de Marckolsheim dans la matinée.

Rencontre au cabinet de la ministre de la Transition écologique

Selon EDF, à 12h, 33 % de l’effectif total d’EDF SA était en grève soit 20.000 grévistes. La CGT conteste un chiffre « basé sur le total de l’effectif et non sur les agents présents ». Selon elle, « cela représente 45 % de l’effectif présent à midi, auquel il faut ajouter les équipes d’après-midi ». Vincent Rodet (CFDT) estime la participation des agents présents à « près de 50 %, ce qui veut dire qu’un salarié sur deux refuse le projet de scission ».

La dernière grande grève unitaire à EDF en 2011, suivie à 80 % selon la CGT (55,8 % selon la direction), avait abouti au retrait du projet de suppression des tarifs préférentiels accordés aux agents. « Mais il s’agissait d’un sujet simple, avec un impact direct sur le porte-monnaie, tandis qu’Hercule est un projet complexe, et que la direction a écrit à tous les salariés pour leur dire qu’il s’agissait d’une réorganisation à la marge qui ne les menaçait aucunement », relève-t-il.

Les syndicats seront reçus à 17h par le cabinet de la ministre de la Transition écologique, Élisabeth Borne.

La crainte du démantèlement du modèle en vigueur depuis 1946

Le projet, présenté en juin dans ses grandes lignes et qui doit être finalisé d’ici la fin de l’année, prévoit d’un côté un « EDF bleu » comprenant le nucléaire, les barrages hydroélectriques et le transport de l’électricité et de l’autre un « EDF vert » avec Enedis, EDF Renouvelables, Dalkia, la direction du commerce, les activités d’outre-mer et de la Corse. L’entité bleue serait détenue à 100 % par l’État, tandis que la verte, « qui regroupe toutes les activités qui ont des revenus garantis, soit les plus juteuses », selon les syndicats, serait introduite en bourse à hauteur de 35 %. « On privatise les gains et on nationalise les pertes », a estimé Hervé Desbrosses (CFE-CGC) lors d’une conférence de presse unitaire du comité central d’entreprise le 11 septembre. « L’État français se prive d’un outil formidable pour mener la transition énergétique », souligne Vincent Rodet.

Les syndicats craignent le démantèlement du modèle « intégré » d’EDF mis en place en 1946. Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a assuré mardi qu'« aucune décision » n’avait été prise, tout en assurant que « l’intégrité » du groupe serait garantie. La direction d’EDF met en avant les besoins d’investissement dans le nucléaire et les renouvelables et le poids d’une dette de 33 milliards.