Aigle Azur : Quatre offres de reprise encore en lice, Air France et Dubreuil renoncent

AERIEN Le tribunal de commerce d’Evry doit examiner lundi les nouvelles propositions de reprise d’Aigle d’Azur, qui bénéfice d’un sursis jusqu’au 27 septembre

20 Minutes avec AFP

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Un avion de la compagnie Aigle Azur. (illustration)
Un avion de la compagnie Aigle Azur. (illustration) — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Et ils ne furent plus que quatre… Air France et le groupe Dubreuil, qui envisageaient de déposer une offre conjointe de reprise de la compagnie aérienne Aigle Azur, ont finalement jeté l’éponge.

Désormais seuls quatre candidats sont encore en lice pour reprendre la compagnie aérienne en liquidation judiciaire. Parmi les quatre offres figurent celle de deux anciens dirigeants d’Air France, Lionel Guérin et Philippe Micouleau, celle de Gérard Houa, actionnaire à hauteur de 19 % d’Aigle Azur via la société Lu Azur, celle de Vueling, la compagnie low-cost du groupe IAG, et une offre en nom propre, selon une source proche du dossier.

« Des problématiques liées au passif social de l’entreprise »

La compagnie Air France, qui figurait parmi les sept repreneurs potentiels qui s’étaient manifestés auprès du tribunal de commerce d’Evry, « n’a pas déposé de nouvelle offre (…) considérant que les conditions n’étaient pas réunies pour le faire », a-t-elle indiqué dans un communiqué. Elle avait envisagé de faire une offre combinée avec le groupe Dubreuil, maison mère des compagnies Air Caraïbes et French Bee, qui a confirmé son retrait « conjointement » avec le groupe Air France.

« L’étude de récents éléments portés à notre connaissance a révélé des problématiques nouvelles liées notamment au passif social de l’entreprise. Les montants en jeu et les risques sociaux associés à la reprise des salariés ne nous permettent plus d’envisager un plan de reprise raisonnable et économiquement viable », a précisé le groupe Dubreuil dans un communiqué. Il a invité « les collaborateurs d’Aigle Azur qui le souhaitent à postuler selon les opportunités de recrutement en cours ou à venir ».

Sursis jusqu’au 27 septembre

Le tribunal de commerce d’Evry a décidé lundi la liquidation d’Aigle Azur, en cessation de paiements, mais lui a accordé un sursis jusqu’au 27 septembre pour laisser une dernière chance aux candidats repreneurs afin de peaufiner leur offre. Il doit examiner lundi les nouvelles propositions.

La présidente du tribunal, Sonia Arrouas, avait insisté sur la « priorité » du tribunal qui est « la sauvegarde d’un maximum de salariés », soulignant la situation financière difficile de la compagnie qui accuse un « passif de 148 millions d’euros » et vraisemblablement « plus que ça parce que les comptes n’avaient pas été certifiés ».

1,88 million de passagers en 2018

Aigle Azur a transporté 1,88 million de passagers l’an dernier, principalement vers l’Algérie, mais aussi le Liban, le Portugal, la Russie, le Brésil ou le Mali. La compagnie emploie quelque 1.150 personnes, dont 800 en France et 350 en Algérie.

L’offre deposée par Lionel Guérin et Philippe Micouleau porte sur la « totalité du fonds de commerce » et passerait par une « holding de reprise », dont les actionnaires seront dans un premier temps Lionel Guérin et Philippe Micouleau à hauteur de 30 %, et une société de droit espagnol, DFO oil product, à hauteur de 70 % et les salariés « dans la limite de 20 % » dans un second temps, selon l’offre de reprise.

Cette dernière est conditionnée à « l’obtention d’un prêt participatif de 15 millions d’euros auprès de l’Etat » et prévoit « un recentrage du réseau sur les lignes structurellement rentables en particulier l’Algérie ». Sur le volet social, l’offre de Lionel Guérin et Philippe Micouleau propose de reprendre 787 salariés dont 526 en France et 261 en contrat à durée indéterminée en Algérie.

9.800 créneaux aéroportuaires en jeu

Vueling propose de son côté de reprendre le contrat de location d’un A320-200 et les 2.184 créneaux horaires de jour attribués à Aigle Azur à l’aéroport d’Orly, ainsi que l’ensemble des 231 horaires de nuit qui lui sont attribués à Paris-Charles de Gaulle, selon l’offre. Sur le plan social, la filiale du groupe IAG garderait 8 copilotes et 16 hôtesses ou stewards « selon les conditions actuellement applicables au sein de la low-cost ».

Les créneaux aéroportuaires, correspondant à une heure et une date précise de décollage ou d’atterrissage, sont particulièrement convoités par les compagnies aériennes à l’aéroport d’Orly où leur nombre est plafonné à 250.000 par an. Aigle Azur en disposait de 9.800.

L’offre présentée par Lu Azur prévoit la reprise de 90 % de la flotte actuelle et 87 % des employés et un financement de 30,4 millions d’euros, dont la moitié provenant de Gérard Houa. Aucune information n’a pu être obtenue dans l’immédiat sur la quatrième offre.