Emploi du temps, pénibilité, qualifications… 7 infos à connaître sur les métiers du nettoyage

TRAVAIL Pour faire face aux nombreux départs en retraite et à une demande croissante d’aide à domicile, les métiers du nettoyage vont recruter en grand nombre d’ici à 2022

Romarik Le Dourneuf

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Illustration d'une personne faisant le ménage
Illustration d'une personne faisant le ménage — PIxabay
  • Les emplois dans les métiers du nettoyage représentent 8 % de l’ensemble des salariés en France.
  • La moitié des travailleurs du secteur ont plus de 50 ans et partiront à la retraite à court terme. Cela entraînera un nombre important d’embauches d’ici à 2022.
  • Le domaine est particulièrement concerné par le temps partiel et les emplois du temps fragmentés.

Agents d’entretien, personnels de ménage, concierges, aides à domicile… Premiers arrivés et derniers partis, les agents de nettoyage sont présents dans tous les environnements de la vie quotidienne. Pour preuve, ils représentaient 8 % de l’ensemble des salariés en France métropolitaine en 2016. Ce mercredi, la Direction de l’animation de la recherche des études et des statistiques (Dares) dévoile une étude qui permet d’avoir une vision d’ensemble de ces métiers. 20 Minutes vous la résume.

Un secteur d’avenir

La Dares s’est penchée sur le sujet après une enquête datant d’avril 2015, qui plaçait le métier d’agent d’entretien parmi les principaux pourvoyeurs d’emplois d’ici à 2022. En plus du vieillissement de la population, qui entraîne un besoin toujours croissant d’aides à domicile, presque la moitié (46 %) des salariés du nettoyage ont plus de 50 ans. Ce qui signifie qu’une part importante d’entre eux partira à la retraite à court terme. Le secteur devra donc recruter en grand nombre dans les années à venir.

Peu de qualifications

L’étude met en lumière le peu de qualifications dont disposent les salariés du secteur. Près de la moitié (44 %) ne sont pas diplômés, soit 10 points de plus que les autres emplois non-qualifiés. Les salariés du secteur ont peu de perspectives d’évolution, car ils occupent des métiers peu qualifiants. Seuls 9 % d’entre eux ont suivi une formation dans le courant de l’année 2017, un chiffre qui tombe à 3 % pour les employés de maison. D’autant que beaucoup de ces formations ne délivrent pas de certification ou de diplôme. Par ailleurs, seuls 54 % des salariés du nettoyage déclaraient apprendre des choses nouvelles en 2016.

Une grande majorité de femmes

Pas moins de 80 % des emplois du secteur sont occupés par des femmes. Elles représentent même jusqu’à 96 % de certains métiers, comme les aides à domicile et les employés de maison. A l’inverse, les postes d’ouvriers non-qualifiés de l’assainissement et du traitement des déchets sont réservés aux hommes, puisqu’ils y occupent 9 emplois sur 10. L’étude, qui compare les années 2004 à 2016, montre même une constance dans ce clivage, à part pour le métier de concierge, qui se masculinise très légèrement.

Des métiers de repli

On ne choisit pas toujours son métier, et c’est très souvent le cas dans le domaine du nettoyage. Seulement 17 % des employés déclarent qu’ils seraient heureux que leurs enfants aient la même activité qu’eux. L’étude de la Dares montre également que peu de personnes s’orientent vers ces métiers après leurs études. Ils ne sont que 4 % à s’y être engagés dans les quatre ans qui ont suivi leurs études, et 9 % avaient quitté les études depuis plus de dix ans quand ils ont commencé dans le secteur. Par ailleurs, six employés du secteur de la propreté sur dix ont connu un épisode de non-emploi avant de trouver leur employeur actuel.

Des métiers pénibles

L’étude révèle qu’en 2016, 71 % des salariés du nettoyage étaient exposés à un risque physique, 61 % aux risques chimiques et 52 % aux postures pénibles. Ils sont également davantage confrontés aux mauvaises odeurs, à la saleté et aux risques infectieux que les autres emplois non-qualifiés. Certains de ces métiers sont même exposés à des risques plus spécifiques comme les bruits et vibrations, les manutentions manuelles de charges lourdes ou encore les risques biologiques. La tendance ne s’améliore pas puisque ces risques n’ont pas évolué depuis 2005, alors que le travail répétitif semble s’intensifier.

Des emplois du temps fragmentés

Si les embauches ne faiblissent pas dans le secteur de la propreté, les contrats à temps complet ne sont pas légion. Plus de la moitié des postes du secteur sont à temps partiel. Parmi eux, 22 % sont des temps partiels subis.

Difficulté supplémentaire, près d’un emploi sur cinq est morcelé – une rupture supérieure à trois heures est observée entre deux périodes travaillées au cours de la même journée –, ce qui entraîne de grandes difficultés organisationnelles dans la famille, les transports ou la recherche d’un emploi de complément. A cela s’ajoute une importante fatigue psychologique résultant de la fragmentation de l’emploi du temps et des amplitudes horaires, mais aussi le travail de nuit et de week-end, surtout pour les employés d’étages (comme dans l’hôtellerie) ou les concierges.

Des métiers peu valorisants

Les analyses de la Dares mettent en lumière le manque de reconnaissance des métiers du nettoyage, en particulier pour ceux qui sont effectués en entreprise. En effet, 29 % des salariés du secteur déclarent se sentir ignorés au cours de leur activité professionnelle. C’est deux fois plus que dans les autres emplois non-qualifiés. En sus, ils ne sont que 42 % à trouver leur tâche plaisante, soit 14 points de moins que l’ensemble des salariés. Toutefois, beaucoup des salariés de la propreté voient des facettes positives dans leur emploi. Ils sont notamment 77 % à exprimer un sentiment d’utilité vis-à-vis de leur travail.