Salon de Francfort 2019: L'hydrogène est-il vraiment l'avenir de l'automobile ?

AUTO Le Salon de Francfort qui se tient en ce moment fait plus que jamais la part belle à la voiture électrique. Nous en avons parlé précédemment, le succès de ces dernières est crucial dans leur poursuite du respect des futures normes d'émissions, encore faut-il que le public suive

20 Minutes avec agences

— 

Faire le plein d’une voiture à hydrogène est aussi simple que pour une voiture classique. Mais les modèles restent rares et chers
Faire le plein d’une voiture à hydrogène est aussi simple que pour une voiture classique. Mais les modèles restent rares et chers — © Hyundai

Or le public reste majoritairement méfiant à l'égard de la voiture électrique, principalement en raison de l'autonomie des batteries. Mais on oublie qu'il existe des voitures se mouvant grâce à l'électricité, qui n'ont pas ce problème d'autonomie : les voitures à hydrogène.

Le principe

La voiture à hydrogène est en effet une voiture électrique. Mais au lieu de stocker son électricité dans des batteries, elle la produit elle-même, à partir d'hydrogène qu'elle stocke dans des réservoirs. Comment ça marche ? Par le principe inverse de l'électrolyse de l'eau. L'électrolyse, séparer l'hydrogène et l'oxygène de l'eau par l'électricité. Une voiture à hydrogène fait le contraire grâce à une pile à combustible, qui combine l'hydrogène des réservoirs et l'oxygène de l'air pour produire l'électricité qui fait avancer la voiture. L'avantage par rapport à une voiture à batteries ? D'abord qu'il est possible de stocker assez d'hydrogène pour obtenir une autonomie de 400 à 500 km. Mais l'avantage est surtout de palier au principal défaut des voitures à batteries, qui n'est pas tant l'autonomie que… le temps de recharge. Avec une voiture à hydrogène, le plein à une station-service (pour peu qu'elle soit équipée bien sûr) ne dure que 5 minutes, et on est reparti pour 500 bornes !

De gros obstacles

Vu comme ça, l'hydrogène ressemble à la solution idéale pour réduire nos émissions de CO2. Sauf qu'il reste de sérieux obstacles. Il y a d'abord le prix de la pile à combustible, très élevé. Mais comme pour toute nouvelle technologie, plus elle sera diffusée, plus son prix baissera. Reste le même problème que pour l'électricité elle-même : la production de la source d'énergie. On peut produire l'hydrogène de plusieurs façons : soit par électrolyse, comme nous l'avons vu, soit par la décomposition chimique de gaz naturel ou d'autres hydrocarbures. Mais dans tous les cas, cette production est extrêmement gourmande en énergie. D'une part, l'intérêt de l'hydrogène est nul si l'énergie utilisée n'est pas renouvelable, d'autre part, l'hydrogène libère moins d'énergie qu'il n'en faut pour le produire.

Bref, l'hydrogène est en effet une solution intéressante dans le cadre de la mobilité électrique, mais en l'état actuel des choses, il n'est ni rentable sur le plan économique, ni sur le plan environnemental. Si ça se trouve, l'essence synthétique neutre en CO2, qui est aussi en cours de développement, arrivera avant que l'hydrogène soit vraiment exploitable…

Si toutefois vous avez l'âme d'un pionnier, sachez qu'il y déjà sur le marché deux véhicules à hydrogènes : la Toyota Mirai et le SUV Hyundai Nexus, bientôt rejoints par un SUV Mercedes.

Retrouvez notre dossier spécial "Salon de Francfort 2019"