Salon de Francfort 2019: Où en est la voiture autonome ?

AUTO Attendue comme la prochaine grande révolution du monde de l’automobile, bien plus encore que l’avènement de l’électricité, la voiture autonome est un vieux rêve qui devrait prendre vie dès la prochaine décennie. Toutefois, la réalité pourrait être bien différente de la fiction

20 Minutes avec agences

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Les projets de voiture autonome vont bon train, notamment chez Renault, qui présentait le Symbioz fin 2017 capable de se débrouiller entièrement seul sur autoroute.
Les projets de voiture autonome vont bon train, notamment chez Renault, qui présentait le Symbioz fin 2017 capable de se débrouiller entièrement seul sur autoroute. — © Renault

Voilà trois ans seulement, Ford et BMW nous promettait une voiture 100% autonome pour 2021, Renault pour 2023, Honda pour 2025. Ces échéances ne sont pas encore atteintes, et peut-être ces marques parviendront-elles à tenir leurs promesses. Mais on est en droit d’en douter à la vue de l’état d’avancement de ces projets en cette fin d’année 2019. Les progrès sont palpables : les modèles actuels les plus avancés permettent déjà de laisser la voiture se conduire à-peu-près seule sur autoroute, tout en conservant les mains sur le volant pour des questions de législation. Et les manœuvres de parking se font sur simple pression d’un bouton. Mais nos récents tests de ce type de systèmes ont démontré leur manque de fluidité et leur incapacité à gérer des situations « complexes » : manque de signalisation routière au sol, véhicules trop proches les uns des autres, ou qui s’intercalent dans les files. Quelques exemples de situations vécues où l’ordinateur chargé de centraliser toutes les données envoyées par les différents radars, lidars et autres capteurs ne sait plus ce qu’il doit faire. 

Autonome « à la carte »

On voit donc mal comment les constructeurs pourront résoudre tous ces problèmes pour respecter les délais promis. Ce n’est pas tant une question de technologie ou de législation, qu’un excès de confiance face à l’immense complexité que représente le fait de laisser une voiture rouler seule sur la voie publique. A la place de ces voitures 100% autonomes, il faudra sans doute se contenter durant la prochaine décennie de voiture autonomes sous certaines conditions. Et la plus logique d’entre elles est évidemment l’autoroute, qui semble la situation de conduite la plus facile à gérer. Encore faudra-t-il faire évoluer les lois des différents marchés, et résoudre le « problème » que constitue le passage des barrières de péages en France et dans d’autres pays voisins. Renault et PSA y travaillent déjà, sur un tronçon test en Normandie spécialement équipé, qui démontre aussi l’important déploiement technique nécessaire pour faire rouler ces voitures autonomes, notamment les antennes relais pour transmettre les informations indispensables (lignes ouvertes, bandes Télépéage, etc.)

Revers en série

Là où ces marques se sont sans doute montrées un peu trop optimistes aussi dans leurs annonces, c’est dans la sécurisation de ces voitures autonomes, qu’il s’agisse de sécurité de conduite… ou de données. En mars 2018, un véhicule autonome développé par Über (la société de voitures avec chauffeurs) impliqué dans un accident mortel avait provoqué un tollé. Une très mauvaise pub pour la voiture autonome, présentée par ses développeurs comme LA solution aux problèmes d’accidents de la route, exacerbant la méfiance du public à leur égard.

La voiture électrique nécessite en outre une connexion quasi-permanente avec un serveur pour échanger tout un tas d’informations nécessaires à son fonctionnement (état du trafic, dangers sur la route, etc). Hors, plusieurs hackers sont parvenus à démontrer que ces systèmes étaient loin d’être inviolables, soulevant des questions quant à la sécurité des passagers en cas de manœuvre malveillante. Même sans être un génie de l’informatique, une université Israélienne a démontré qu’un faux panneau de limitation de vitesse suffisait à perturber le dispositif autonome, avec les conséquence dramatiques que cela peut avoir.

La voiture autonome sera un jour une réalité, mais ce n’est sans doute pas pour tout de suite.

Retrouvez notre dossier spécial "Salon de Francfort 2019"