Assurance habitation : Des fraudes rares et qui coûtent très cher

ASSURANCE Les tarifs d’assurance ne cessent d’augmenter ces dernières années, si bien que certains particuliers peuvent être tentés de ne pas tout dire à leur assureur

Julie Polizzi pour 20 Minutes

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Mieux vaut ne pas mentir à son assureur habitation, sans quoi les conséquences pourraient être fâcheuses.
Mieux vaut ne pas mentir à son assureur habitation, sans quoi les conséquences pourraient être fâcheuses. — IStock / City Presse

Un accident est si vite arrivé. Et dès lors qu’il intervient dans le logement, il peut avoir des conséquences financières astronomiques. C’est pourquoi l’assurance multirisque habitation est un contrat incontournable. Bémol : en l’espace d’une dizaine d’années, son coût a grimpé de 34 %, selon les calculs du comparateur Web Selectra, qui a analysé les chiffres de la Fédération française de l’assurance (FFA). De quoi détourner certains assurés du droit chemin ? C’est ce qu’a voulu savoir le site Lecomparateurassurance.com.

Des mauvaises surprises

La plateforme internet a fait réaliser deux sondages auprès d’un échantillon de 1.000 personnes, afin d’évaluer la perception des Français par rapport à leurs contrats et d’évaluer leur propension à la fraude.
Sans surprise, l’assurance habitation arrive en tête des protections souscrites avec 85 % d’assurés, contre 75 % pour l’automobile et 59 % pour la santé.

Mais si les citoyens sont donc plutôt bien couverts, cela ne les empêche pas d’être méfiants à l’égard de leur compagnie d’assurance. Et pour cause, puisque plus d’un sondé sur trois déclare avoir déjà eu une mauvaise surprise à la suite d’un sinistre parce que l’incident n’avait pas été pris en compte (8 %), que les indemnités versées étaient trop faibles (6 %), à cause de la franchise appliquée (11 %), ou encore en raison de la vétusté du bien (3 %).

Exagérer pour empocher plus

De là à frauder pour limiter la facture, il y a tout de même un gouffre. Seule une personne interrogée sur dix se dit en effet prête à faire une fausse déclaration à sa compagnie d’assurances. Ceci étant dit, certains sondés sont tout de même déjà passés à l’acte. À l’heure de déclarer un sinistre, la situation frauduleuse la plus courante consiste à exagérer les dommages pour percevoir des indemnités plus importantes. Autre pratique : faire passer une négligence personnelle pour un sinistre couvert. D’autres encore déclarent carrément un accident qui n’a jamais eu lieu. Mais gare aux conséquences.

Dès lors que l’assureur a suffisamment d’éléments pour prouver que l’assuré a agi délibérément afin de tirer profit de façon illégitime de son contrat d’assurance, il peut refuser la prise en charge et résilier la convention. En cas de fraude avérée, la compagnie peut aller jusqu’à envisager des poursuites judiciaires pour récupérer les sommes indûment versées et porter plainte au pénal. Les actes les plus graves peuvent ainsi être constitutifs d’escroquerie, un délit puni d’un an de prison et de 375.000 euros d’amende.