Job étudiant : Le « matching » pour trouver au plus vite une mission

ARGENT Le marché du job étudiant attire bon nombre de start-up numériques misant sur la flexibilité et l’instantanéité des offres pour séduire un public jeune en mal de trésorerie. Leur solution ? Le micro-entrepreneuriat et l’intérim.

Julie Polizzi pour 20 Minutes

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Des start-up comme StaffMe proposent des jobs étudiants aux jeunes micro-entrepreneurs.
Des start-up comme StaffMe proposent des jobs étudiants aux jeunes micro-entrepreneurs. — StaffMe

Pour financer leur cursus et arrondir leurs fins de mois, quelque 46 % des jeunes sont obligés de travailler en parallèle, selon les chiffres de l’ Observatoire de la vie étudiante datant de 2016. Mais si les petits boulots représentent forcément un atout sur un CV, ils peuvent vite devenir un handicap. Les enquêtes le prouvent : les étudiants qui consacrent plus de 20 heures par semaine à une activité professionnelle ont de moins bons résultats aux examens. Pour éviter cet écueil, les alternatives au classique job dans un fast-food se multiplient.

Aux jeunes de choisir

Désormais, c’est un algorithme qui prend les choses en main, grâce au matching. Adopté par la plupart des jobboards, cet outil numérique se charge de provoquer une rencontre adéquate entre offre et demande. Mais deux start-up, bâties sur le même moule, vont encore plus loin en renversant le schéma de recherche d’emploi.

Sur Staffme et StudentPop, les jeunes commencent par s’inscrire en ligne, puis passent un entretien vidéo avec l’équipe des plateformes pour déterminer leur profil, leurs compétences et les types de missions qui leur conviennent le mieux. C’est ensuite le logiciel de matching qui leur enverra des offres pertinentes via une application mobile, en tenant compte de leur localisation et de leurs disponibilités. À eux de les accepter ou non. La sélection se résume à une question de rapidité, puisque la mission est attribuée au premier jeune qui y répond.

« Notre offre correspond aux besoins d’instantanéité de ma génération en évitant des démarches fastidieuses », explique Jean-Baptiste Achard, cofondateur de StaffMe, âgé de 27 ans. L’entreprise cliente n’a donc pas son mot à dire. En revanche, elle notera le prestataire à la fin de sa mission, ce qui influencera son classement dans l’algorithme. Donc qui dit bonne appréciation, dit plus d’offres.

Un job d’appoint

Au vu des impératifs scolaires de leurs jeunes prestataires – entre 18 et 30 ans –, ces start-up ne proposent que des offres d’emploi ponctuelles, de courte durée et impliquant un faible nombre d’heures. Chez StaffMe, les missions sont comprises entre 2 heures et quatre mois, avec une moyenne de 15 heures par job. Tout comme StudentPop, la plateforme cible donc des tâches peu qualifiées dans l’événementiel, la vente en boutique, l’aide administrative, la préparation de commandes et un peu de restauration.

« Au-delà d’un certain temps dans la même entreprise (600 heures), on propose au client d’embaucher le jeune puisque leur collaboration se passe bien. On sert donc aussi de tremplin professionnel puisque 7 % des missions débouchent sur un CDI », se réjouit Jean-Baptiste Achard. Si l’entreprise refuse, ses annonces ne seront de toute façon plus envoyées à ce candidat-là. De quoi éviter la requalification en sous-traitance.

Une ubérisation responsable

Ni salariés, ni intérimaires, les jeunes inscrits sur ces sites interviennent en tant que micro-entrepreneurs. Et quand on fait remarquer au cofondateur de StaffMe que son modèle équivaut à celui de Deliveroo et Uber, il l’assume. « La différence, c’est que nous proposons une ubérisation responsable. Notre plateforme intervient comme un tiers qui sécurise la transaction et apporte des garanties au travailleur. »

Les deux start-up de jobs étudiants imposent en effet aux sociétés clientes de rémunérer leurs jeunes prestataires au moins 12 euros nets de l’heure (commission des sites déduites). Elles protègent également ces derniers grâce à une assurance responsabilité civile professionnelle, tandis que le statut de micro-entrepreneur​ leur permet de cotiser aux droits au chômage et à la retraite. Ces solutions séduisent de plus en plus de jeunes. Trois ans après leur lancement, StudentPop recense ainsi 60.000 inscrits dans toute la France, contre 110.000 sur StaffMe.

L'intérim digital

L'intérim permet également de trouver des petits boulots. Mais là encore, le Net a révolutionné la pratique. Le service 100 % dématérialisé Karma utilise le principe du matching géolocalisé pour présenter aux entreprises une sélection de candidats compétents. C'est ensuite au client de faire son choix, tandis que le jeune, protégé par un statut d'intérimaire, en est informé par notification. Toutes les démarches administratives se font via l'application mobile, depuis la signature du contrat jusqu'à l'édition de la facture.
Alors qu'il faut compter environ 48 heures pour placer un candidat dans une agence traditionnelle, Karma revendique seulement 17 minutes en moyenne pour les secteurs de la restauration, de l'hôtellerie et de la logistique.
Plus d'infos sur : https://karma.jobs.