Des coups de pouce pour le crédit

A. Benoit (avec L. M.) - ©2008 20 minutes

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Au compte-gouttes. Les mesures promises mardi par l'Elysée pour aider les banques à « financer l'économie » devaient être annoncées d'ici à la fin de la semaine. Mais les annonces s'enchaînent et ce n'est pas fini, selon l'entourage du chef de l'Etat. 20 Minutes fait le point.

· Pourquoi ces interventions ? Alors que la débâcle bancaire gagne l'Europe, l'Elysée s'inquiète. Si les banques ferment le robinet du crédit, tous les moteurs de la croissance risquent de se gripper. De fait, estime Nicolas Bouzou, économiste à l'institut Asteres, les PME souffrent de crédits plus chers et plus rares. Pour les ménages, le montant des nouveaux prêts immobiliers était de 130 milliards d'euros en juillet, soit 16 % de moins qu'en janvier 2007, d'après la Banque de France. « Les établissements de crédit ne parviennent plus à lever les ressources dont ils ont besoin. Il est impératif d'agir vite, faute de quoi toute la filière risque d'être bloquée », prévient l'Agence nationale pour l'information sur le logement.

· Quelles sont les mesures ? Le gouvernement mobilise une enveloppe de 22 milliards d'euros pour financer les PME, dont 17 milliards proviendront des livrets de développement durable et d'épargne populaire, mis à contribution tout comme le Livret A. Le BTP sera soutenu par le rachat par l'Etat, à un prix décoté, de 30 000 logements dont les travaux n'ont pas été lancés, alors que les mises en chantier chutent. Et trois fois plus de ménages seront éligibles au prêt d'accession sociale (PAS), garanti par l'Etat. Enfin, 30 000 propriétaires d'un appartement auront droit en 2009 au « Pass foncier » pour étaler leur remboursement grâce au 1 % logement.

· Seront-elles efficaces ? « Le diable se cache dans les détails », estime le promoteur Nexity. Bouygues Immobilier souhaite que les programmes immobiliers rachetés par l'Etat soient « des logements terminés ou inachevés », tandis que l'Union sociale pour l'habitat réclame qu'ils « passent dans le logement social ». Pour l'Union nationale de la propriété immobilière (Unpi), il reste « les problèmes de fond », c'est-à-dire que « les candidats à l'accession à la propriété n'ont plus les moyens ». Enfin, Michel Mouillart, professeur d'économie à Paris-X, a rappelé que le PAS était peu distribué car « très réglementé ». Selon lui, il faudrait en outre viser les primo-accédants pour que ces mesures soient efficaces.