«Certains ont tout à gagner d'une baisse des prix»

Recueilli par A. B. - ©2008 20 minutes

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Bernard Vorms, directeur général de l'Agence nationale pour l'information sur le logement (Anil). Interview. 


Les banques françaises ont-elles changé d'attitude parce qu'elles avaient pris trop de risques?

Certainement pas, et on n'observe aucune hausse des défauts de paiement. Les banques resserrent les vannes parce qu'elles ont elles-mêmes du mal à trouver de l'argent pour le prêter aux particuliers.

En cas de refus de prêt, faut-il s'adresser à un courtier?

Pas forcément, car ils n'arrivent plus à faire jouer la concurrence entre les banques. Il faut surtout faire le tour du marché. Les établissements spécialisés restent plus accueillants, même si leurs prêts sont souvent plus chers et à taux variables.

La crise financière est-elle seule responsable?

Pas encore. Les taux jouent aussi. Par rapport à début 2007, emprunter la même somme sur vingt ans coûte 10 % plus cher. Après dix années de hausse des prix, des transactions et des constructions, le retournement de l'immobilier était attendu. Certains diffèrent d'ailleurs leur projet pour cette raison.

Qui gagne, qui perd?

Ceux qui cherchent un crédit-relais sont dans une position délicate, surtout s'ils ont déjà acheté et doivent vendre. Ceux qui viennent de s'endetter ne verront pas leur situation changer tant qu'ils restent dans leur logement. Enfin, ceux qui ne sont pas encore propriétaires ont tout à gagner d'une baisse des prix.

Les prix vont-ils baisser partout?

Il n'existe pas d'indicateurs instantanés et incontestables, même s'il est vrai que la durée des transactions s'allonge. Il y a de grandes différences selon les endroits. On peut parier, mais cela reste à vérifier, que les zones les moins chères baisseront le plus, car la demande y est plus faible.