Ventes sur Internet : Comment repérer les arnaques aux véhicules d’occasion ?

ARGENT Le Marketplace de Facebook est venu s’ajouter aux plateformes, groupes et forums dédiés à l’achat et à la vente de véhicules d’occasion. Mais qui dit nouveaux supports, dit nouvelles arnaques

Agence pour 20 Minutes

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Les arnaques au véhicule d'occasion fleurissent sur la toile avec des techniques de plus en plus perfectionnées.
Les arnaques au véhicule d'occasion fleurissent sur la toile avec des techniques de plus en plus perfectionnées. — Fotomelia
  • Le marché des véhicules d’occasion sur Internet peut être une aubaine pour les arnaqueurs.
  • Le prix est l’un des principaux moyens d’attirer.
  • Le mieux est d’avoir au moins un échange vocal avec le vendeur.

Le marché de l’occasion, notamment celui des ventes entre particuliers, a trouvé, sur la Toile, son eldorado. En 2017, Facebook lançait son MarketPlace. Depuis, celui-ci est venu ajouter la force de frappe du réseau social aux groupes déjà présents, forums et autres plateformes comme LeBonCoin.

On aurait pu penser que le passage à l’ère digitale permettrait de réduire le nombre d’arnaques, mais il n’en est rien. Les chiffres des infractions sont en hausse constante, ayant plus que doublé entre 2012 et 2018. La plus répandue des pratiques frauduleuses, concernant la vente de voitures, est la modification du compteur kilométrique, qui représente 600.000 arnaques par an sur les quelque 5,5 millions de véhicules d’occasion vendus. Mais il s’agit là d’une pratique vieille comme ce marché.

Des arnaques bien rodées

Il convient de bien avoir conscience qu’une grande partie des escroqueries ayant trouvé repère sur la Toile sont des machineries parfaitement huilées, particulièrement réfléchies et donc redoutablement trompeuses. Or, qui dit piège, dit appât. De plus en plus nombreuses sont les annonces qui prétendent proposer des véhicules à moins de 5 euros ou même gratuits. Ici, l’astuce est grossière : la voiture apparaît à un prix très attractif sur la page d’accueil, mais le vrai prix, la plupart du temps très proche de la cote Argus, est ensuite affiché sur la page de description.

Si un vendeur utilise ce genre de technique pour attirer le chaland, il faut s’attendre à ce qu’il triche également sur d’autres points. Le premier bon réflexe est donc d’aller voir son profil. Sur Facebook, la possibilité d’échanger par Messenger permet d’accéder à ses informations et à son compte. Un rapide coup d’œil permettra de savoir s’il s’agit d’un faux profil. Si la date de création est proche de la date de publication de l’annonce, les signaux passent au rouge. Il convient alors d’essayer d’avoir une conversation téléphonique avec le vendeur : si celui-ci préfère les mails et les SMS, une nouvelle alerte doit se déclencher.

Des réponses trop rapides

Souvent, les escrocs prennent des noms féminins pour inspirer davantage confiance et rechignent donc à échanger de vive voix. Par messagerie, les histoires contées par les fraudeurs sont aujourd’hui parfaitement construites. Plus de français approximatif, plus de fautes d’orthographe grossières, plus de questions sans réponse. Les prix bas sont justifiés la plupart du temps par des situations d’urgence (déménagement, arrivée d’un enfant, soucis de santé, frais urgents à régler…). Les arnaqueurs sont toujours très arrangeants et tentent de répondre favorablement à toutes les demandes. Tout est possible puisque la transaction n’ira de toute façon pas jusqu’au bout.

Attention, les voleurs fournissent désormais des dates de première mise en circulation et une immatriculation qui correspondent parfaitement au modèle proposé lorsque l’acheteur a la bonne idée de vérifier ou de demander ces renseignements pour prévenir son assurance, afin de repartir directement avec la voiture. Petite astuce lorsque l’on échange par messagerie directe : les réponses arrivent très vite, en bien moins de temps qu’il n’en faudrait humainement pour taper le texte : il s’agit donc d’un copier/coller. Souvent, une annonce renvoie vers une page dédiée. Les arnaques y ont toutes les mêmes caractéristiques : commentaires désactivés, nombreuses photographies sans qu’on puisse voir la plaque, vendeur au nom « européen », nom de famille fréquemment composé…

Jamais de paiement

Tous les scénarios mènent à une seule issue : obtenir de l’acheteur un paiement, même modique. Les systèmes de paiement en ligne les plus connus (comme PayPal) ayant renforcé leur sécurité, les escrocs demandent généralement du cash sous la forme d’un transfert d’argent via la Banque postale, Western Union…. La règle est simple : vous ne devez sous aucun prétexte avancer quelque somme que ce soit avant d’avoir vu la voiture et son propriétaire. Il ne peut y avoir d’exception à cette injonction, aussi digne de confiance que puisse paraître l’interlocuteur.