Marchands de listes : Comment éviter les déconvenues pour trouver son logement ?

ARGENT Un professionnel vous réclame des frais pour ouvrir un dossier ou visiter un logement ? Vous avez forcément à faire à un marchand de listes, dont le rôle est très limité

Julie Polizzi pour 20 Minutes

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Si l'activité de marchand de listes est aujourd'hui strictement réglementée, mieux vaut être vigilant.
Si l'activité de marchand de listes est aujourd'hui strictement réglementée, mieux vaut être vigilant. — IStock / City Presse
  • Les marchands de listes monnaient la vente de fichiers ou de listes de logements à louer ou à vendre.
  • Ils doivent présenter une carte professionnelle spécifique à leurs potentiels clients.
  • Il convient d’être très précis concernant les critères de sa recherche.

Certaines grandes métropoles sont perpétuellement en manque de logements. De quoi donner des idées à des professionnels, plus ou moins scrupuleux, qui vous font miroiter des bons plans à un coût bien moindre que celui des traditionnelles agences immobilières. Les marchands de listes en font partie.

Aucune mise en contact

Comme le laisse entendre cette appellation, ce genre de professionnel monnaie la vente de fichiers ou de listes de logements à louer ou à vendre. Se présentant le plus souvent comme des agences de location sans commission, ces entrepreneurs sont apparus vers la fin des années 1970, en pleine crise de l'immobilier.

À l’inverse d’une véritable agence immobilière, qui joue le rôle d’intermédiaire entre le candidat et le propriétaire, le marchand de listes se contente de vous donner accès à un catalogue qui comporte une dizaine ou une quinzaine d’annonces d’habitations répondant, en principe, à vos critères de recherche. Le tout pour un prix forfaitaire qui peut varier entre quelques dizaines et plusieurs centaines d’euros. Mais attention, c’est ensuite à vous seul de prendre contact avec les bailleurs ou vendeurs référencés pour visiter les habitations et tenter votre chance. C’est là que ça se complique…

Des biens en exclusivité

Annonces très anciennes ou jamais reçues malgré le paiement, biens déjà loués, inexistants ou non conformes, propriétaires injoignables… Pendant plusieurs années, les associations de consommateurs et les enquêtes des services de la répression des fraudes n’ont cessé de dénoncer les nombreuses dérives et arnaques liées aux marchands de listes. Après quelques ajustements, c’est la loi Alur de 2014 qui a finalement donné un sérieux tour de vis à cette activité, afin d’assainir le secteur.

Dès lors, les entrepreneurs doivent présenter une carte professionnelle spécifique mentionnant leur qualité de marchand de listes et signer un contrat d’exclusivité avec les propriétaires pour pouvoir inscrire les biens de ces derniers sur leur catalogue pour une durée déterminée. Durant cette période, le vendeur ou le loueur a donc interdiction de diffuser son annonce par un autre moyen. Sécurité supplémentaire, le professionnel doit s’assurer périodiquement de la disponibilité du logement, tandis que le bailleur doit l’informer dès que ce dernier n’est plus disponible.

Précisez votre recherche

Si ces mesures sont censées garantir que les biens référencés ne sont pas déjà pris, les clients doivent rester prudents. Tout d’abord, vous devez systématiquement passer par un contrat de prestation récapitulant l’ensemble des obligations professionnelles incombant au marchand de listes et spécifiant sa différence avec une agence immobilière classique. De même, vous devez être très précis sur votre recherche en indiquant la commune souhaitée, voire l’arrondissement, la surface, le nombre de pièces et le loyer maximum possible. En étant repris dans le contrat, ces éléments engagent le professionnel à vous fournir une liste de biens conformes à vos critères. À défaut, vous pourrez réclamer un remboursement pour non-respect de la convention. Si vous souhaitez passer par ce type de service, n’hésitez pas non plus à mettre en concurrence plusieurs enseignes en comparant le prix et le nombre d’annonces présentées.

Enfin, et en dépit de certaines pratiques persistantes, le professionnel ne peut exiger son paiement qu’une fois qu’il vous a remis le fameux catalogue ou que votre abonnement est terminé. Certaines entreprises proposent en effet un accès à des mises à jour de la liste sur le web pendant une période donnée. Ce n’est donc qu’à l’expiration de cette durée que vous devrez régler. En cas d’infraction, le marchand risque jusqu’à deux ans de prison et 30.000 euros d’amende.