Ibis Batignolles: les femmes de chambre fêtent leur premier mois de grève

GREVE Des femmes de chambre ont manifesté devant l’hôtel Ibis Batignolles ce samedi à Paris pour réclamer de meilleures conditions de travail

20 Minutes avec AFP

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L'hôtel Ibis de Clichy Batignolles en 2009.
L'hôtel Ibis de Clichy Batignolles en 2009. — WITT/SIPA
  • Des femmes de chambre et des militants et militantes se sont rassemblées samedi midi devant les portes de l’hôtel Ibis Batignolles, à Paris, pour obtenir une baisse des cadences de travail.
  • Les agents d'entretien de cet hôtel sont en grève depuis un mois contre « le mal de dos » et « la maltraitance de la sous-traitance ».

Après un mois de grève de femmes de chambre « déterminées » à l’hôtel Ibis Batignolles, à Paris, une trentaine de personnes se sont rassemblées samedi midi devant les portes de l’établissement pour obtenir une baisse des cadences de travail, a constaté une journaliste de l’AFP.

« On est là, on est là », « Qu’est-ce qu’on veut ? Nos droits », « STN voyou » : accompagnées de sifflets et tambours, les femmes de chambre du sous-traitant STN, rejointes par des salariés d’autres entreprises, manifestaient malgré la pluie leur colère contre « le mal de dos » et « la maltraitance de la sous-traitance ». Et fêtaient leur premier mois de grève, comme l'a constaté la militante Sihame Assbague:

Trois chambres et demie en une heure

En poste « depuis un an et trois mois » dans cet hôtel, le deuxième plus grand Ibis en France et en Europe après celui de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, Djeneba Diallo explique à l’AFP que « les heures supplémentaires ne sont pas payées », alors qu’on leur ordonne de nettoyer davantage de chambres que « les 21 par jour prévues par le contrat » pour six heures de travail. « Si on ne veut pas, ils nous menacent. On doit faire 36, 37 chambres par jour… », ajoute-t-elle. A Marseille, des femmes de chambre ont manifesté deux mois durant. 

Au lieu de « trois chambres et demie à faire en une heure », les grévistes veulent descendre à « trois chambres par heure », précise Mama Ndiaye, qui souffre d’une tendinite après « dix ans » à l’Ibis Batignolles. Et « une grande chambre » devrait valoir « deux chambres », complète Rachel Keke, militante comme ses collègues à la CGT des hôtels de prestige et économiques (CGT-HPE), le syndicat qui soutient le mouvement « On veut aussi une pointeuse pour être payées par heure de travail et non par le nombre de chambres », poursuit Mme Keke, également affligée d’une tendinite à un bras.

Alors que l’hôtel de « 706 chambres est plein à craquer » en cette période de congés d’été, tous les jours « sauf le dimanche », les grévistes viennent manifester devant l’établissement, raconte Mme Keke. La réaction des clients ? Certains « nous insultent », mais d’autres « nous comprennent, nous encouragent, mettent de l’argent dans la boîte » de la cagnotte de soutien, souligne la militante, « prête à continuer » la grève « jusqu’à ce qu’on ait satisfaction ».