Air France modernise sa flotte court et moyen-courrier avec une commande géante de 60 Airbus

COMPETITIVITE Le patron du groupe a aussi annoncé que la compagnie allait cesser de faire voler ses A380, d'ici à 2022

L.Gam. avec AFP

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Un Airbus A380 d'Air France sur le tarmac de l'aéroport international Washington-Dulles, le 24 août 2018.
Un Airbus A380 d'Air France sur le tarmac de l'aéroport international Washington-Dulles, le 24 août 2018. — Daniel SLIM / AFP

Ben Smith a pris deux décisions clés pour le groupe Air France-KLM : la compagnie aéronautique vient de passer une commande géante de 60 appareils à Airbus, des A220-300, le dernier-né des monocouloirs du constructeur européen, pour renouveler profondément sa flotte d’avions court et moyen courrier et elle va cesser de faire voler d’ici à 2022 ses dix Airbus A380.

Le groupe franco-néerlandais a annoncé ce mardi qu’il passait une commande ferme de 60 exemplaires du dernier venu dans la famille des monocouloirs d’Airbus, représentant un prix catalogue de près de 5,5 milliards de dollars. Autre décision stratégique, les 10 A380 d’Air France, le très gros porteur qu’Airbus a cessé de produire, ne voleront plus d’ici trois ans.

La dernière commande d’Air France, qui portait sur des avions long-courrier A350 et Boeing 787, remonte à 2011. Air France-KLM a également pris une option pour 30 avions supplémentaires ainsi que 30 droits d’acquisition, des options sans date d’achat.

« Simplifier et harmoniser sa flotte »

Ces décisions « concrétisent l’ambition du groupe de simplifier et harmoniser sa flotte, mais aussi d’améliorer sa compétitivité avec des avions plus modernes, plus performants, et dont l’empreinte environnementale est largement réduite », selon le communiqué d’Air France-KLM. « Cette évolution est clé pour retrouver une marge opérationnelle aux meilleurs niveaux de l’industrie », a ajouté l’entreprise dirigée par le Canadien Ben Smith depuis septembre.

Au sein du groupe Air France-KLM, la compagnie Air France fait figure de mauvais élève avec un bénéfice opérationnel de 266 millions d’euros l’an dernier, marqué par une grève, contre plus d’un milliard pour KLM. Au premier trimestre 2019, Ben Smith avait cependant noté de « premiers signes d’amélioration de la performance opérationnelle chez Air France ». Le groupe doit dévoiler mercredi ses résultats semestriels.

Cette commande du dernier venu dans la famille des monocouloirs d’Airbus permettra de remplacer progressivement les A318 et A319 qui composent la flotte court et moyen-courrier d’Air France et dont la moyenne d’âge est de 16 ans et demi.

L’A380 pas rentable

Air France-KLM exploite une flotte de 541 appareils pour ses trois principales marques, Air France, KLM et la low-cost Transavia.

Le programme A220 est le dernier arrivé dans la gamme Airbus et se compose de deux appareils : l’A220-100 et l’A220-300. Il se positionne en dessous de la famille A320, l’appareil à succès d’Airbus sur le moyen-courrier, et propose une capacité de 100 à 150 sièges. Il est fabriqué à Mirabel au Canada et correspond à l’ancien CSeries du groupe canadien Bombardier, un programme dont Airbus a pris le contrôle en 2017.

Le groupe a également décidé de sortir de la flotte d’Air France les sept A380 restants d’ici à 2022, la sortie des trois autres appareils ayant déjà été décidée précédemment. Le choix des appareils pour les remplacer n’a pas été pris. « L’environnement de compétition actuel limite les marchés sur lesquels l’A380 peut être exploité de façon rentable », ajoute-t-il à propos de cet avion dont le constructeur européen a annoncé en février la fin de la production, faute de commandes suffisantes. « Avec ses quatre réacteurs, l’A380 consomme 20 à 25 % de carburant en plus par siège que les appareils long-courriers de nouvelle génération et émet plus de CO2 », note le groupe estimant que « conserver cet appareil dans la flotte impliquerait des coûts importants et ne serait pas pertinent d’un point de vue économique ».