Nombre de demandeurs, durée, seniors… Comment le chômage a-t-il évolué depuis l’arrivée de Macron?

EMPLOI Pour faire le point, « 20 Minutes » a passé plusieurs indicateurs à la loupe

Nicolas Raffin

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Un espace de travail dans une agence Pôle emploi.
Un espace de travail dans une agence Pôle emploi. — LODI Franck/SIPA
  • Emmanuel Macron a promis de ramener le taux de chômage à 7 % en 2022.
  • La baisse du chômage a démarré avant son mandat et s’est poursuivie depuis.
  • Le rythme de la baisse semble encore trop lent pour atteindre l’objectif de 2022.

A la fin de son mandat, François Hollande avait réussi à amorcer l’inversion de la courbe du chômage. Emmanuel Macron a-t-il poursuivi sur la même voie ? Un peu plus de deux ans après son élection, 20 Minutes s’est plongé dans les chiffres de l’Insee et de Pôle emploi pour vous dresser un petit panorama de la situation.

Si l’on s’en tient à la période allant de juillet 2017 à début 2019, le bilan est plutôt encourageant. Selon la norme du bureau international du travail (BIT), qui est l’indicateur mis en avant par le gouvernement, la France (DOM inclus) compte 250.000 chômeurs de moins. L’exécutif n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler que le taux de chômage BIT n’avait plus été aussi bas (8,7 %) depuis dix ans.

 
 

En revanche, le pays a toujours autant de mal à réduire le « halo » autour du chômage. Il s’agit des personnes qui souhaitent travailler mais qui ne sont pas officiellement comptabilisées comme étant au chômage, parce qu’elles ne remplissent pas tous les critères du BIT. Par exemple, si une personne n’est pas disponible dans les deux semaines pour travailler, elle ne sera pas comptée. Au total, environ 1,4 million de personnes sont dans cette situation en France, un nombre quasi-stable depuis l’élection d’Emmanuel Macron.

Autre indicateur à étudier : le nombre d’inscrits à Pôle emploi. Au dernier pointage (deuxième trimestre 2019), 3,37 millions de personnes étaient inscrites en catégorie A en France métropolitaine, soit 120.000 de moins qu’au troisième trimestre 2017. En revanche, si l’on inclut également les catégories B et C (personnes ayant une activité réduite), la baisse est beaucoup moins nette (-20.000 demandeurs d’emplois). Cela est dû au fait que le nombre de chômeurs en catégorie C (+78 heures travaillées par mois) est en constante augmentation depuis plusieurs années.

 

 

Cette augmentation est en partie due aux « seniors » (chômeurs de + 50 ans). Alors qu’ils sont moins nombreux en catégorie A depuis l’élection d’Emmanuel Macron, ils sont de plus en plus à travailler quelques heures ou quelques jours par mois, notamment en raison de la multiplication des contrats courts. Par ailleurs, ils restent de plus en plus longtemps au chômage. En 2017, un senior qui quittait Pôle Emploi y avait passé 1 an et 7 mois en moyenne (585 jours). Deux ans plus tard, cette durée s’est rallongée de presque un mois (606 jours).

 

Quant aux « jeunes » (- de 25 ans), le nombre de chômeurs dans leurs rangs a très peu diminué (-13.000 en catégorie A) sur la période juillet 2017 – juin 2019. Pour accélérer le mouvement, le gouvernement compte beaucoup sur la mise en route de son grand plan de formation qui doit toucher 1 million de jeunes sans qualification.

 

Au final, la baisse du chômage amorcée avant l’élection d’Emmanuel Macron s’est poursuivie après mai 2017. Cependant, le rythme de cette baisse reste assez lent au regard de l’objectif fixé par le président de République : un taux de chômage de 7 % (au sens du BIT) en 2022. La faute notamment à une croissance qui a ralenti en 2019.