Amazon une nouvelle fois dans le viseur d’une enquête de la Commission européenne

GAFA La commissaire à la concurrence, Margrethe Vestager, a ordonné une « enquête approfondie » contre Amazon sur des questions de données

20 Minutes avec AFP

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Margrethe Vestager, l'actuelle commissaire européenne à la concurrence.
Margrethe Vestager, l'actuelle commissaire européenne à la concurrence. — ISOPIX/SIPA

La Commission européenne a annoncé mercredi l’ouverture d’une « enquête approfondie » sur le géant américain du commerce en ligne Amazon, soupçonné d’enfreindre les règles européennes de concurrence en utilisant les données issues des détaillants indépendants qui vendent sur son site.

La commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, dont les services ont déjà enquêté sur Apple, Facebook, Google et déjà Amazon dans le passé, est dans la ligne de mire du président américain Donald Trump, qui l’accuse de détester les Etats-Unis, pour avoir à plusieurs reprises infligé des amendes aux entreprises américaines. « Nous coopérerons pleinement avec la Commission », a réagi Amazon.

Pas une première

Amazon vend directement des produits sur son site Internet, mais met également à disposition de vendeurs indépendants une place de marché appelée « Marketplace », sur laquelle ils peuvent vendre aux consommateurs. « En fournissant une place de marché aux vendeurs indépendants, Amazon collecte en permanence des informations sur les activités exercées sur sa plateforme », explique la Commission.

Selon la Margrethe Vestager, Amazon pourrait ensuite exploiter ces données pour « faire ses propres calculs », « voir ce que les gens veulent comme offre, et ce qui les fait acheter tel ou tel produit ». Amazon a déjà fait l’objet d’une enquête de la Commission, qui lui avait demandé en 2017 de rembourser au Luxembourg 250 millions d’euros d’avantages fiscaux indus.

L’ouverture de cette « enquête approfondie » fait suite à une enquête préliminaire commencée il y a plusieurs mois, qui a laissé apparaître que le géant américain utilisait « des informations sensibles sous l’angle de la concurrence » sur « les vendeurs, leurs produits et leurs transactions ». « L’ouverture d’une procédure formelle d’examen ne préjuge pas de son issue », précise la Commission. Mais les sanctions infligées par Bruxelles dans ce type de cas peuvent atteindre jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires.