Voyage à l'étranger: Les réponses à vos questions sur les paiements et frais bancaires

ARGENT En cette période de départs en vacances, « 20 Minutes » s’intéresse aux interrogations de ses lecteurs sur les frais financiers en voyage

Romarik Le Dourneuf

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Mieux vaut change son argent en une fois pour payer moins de commissions
Mieux vaut change son argent en une fois pour payer moins de commissions — Photomix

Frais bancaires, taux de change, plafonds et arnaques… Les questions sur les paiements à l’étranger reviennent régulièrement pour tous ceux qui ont la chance de voyager au-delà de nos frontières. Les internautes les ont partagées à 20 Minutes, qui y répond avec l’aide de Matthieu Robin, chargé de mission du secteur financier de UFC-Que choisir.

Gaël : « Je n’ai jamais rien compris aux différents frais qui s’appliquent lors de paiements à l’étranger. Frais de change, frais de retrait, frais de carte bancaire… Je ne vois que le résultat sur mes extraits de compte et je n’y comprends rien. Comment s’assurer d’éviter les soucis ? »

Dans un premier temps, Matthieu Robin explique qu’il faut faire un distinguo entre deux zones : « la zone euro et le reste du monde ». En zone euro, il n’est pas nécessaire de se faire des nœuds au cerveau. « Les établissements bancaires sont tenus par la loi d’appliquer les mêmes conditions qu’en France. » Il est donc possible de retirer de l’argent au distributeur et de payer dans un commerce sans craindre de frais supplémentaires. Toutefois, pour les utilisateurs ayant l’habitude d’utiliser les agences de leur banque uniquement, certains établissements appliquent une taxe supplémentaire après un quota de retraits hors de leur réseau.

Une fois la frontière de la zone euro passée, il va falloir payer. Toutes les banques appliquent des frais de change, ceux-ci varient d’une enseigne à l’autre. « Attention, les bureaux de change prennent aussi leur commission », rappelle Matthieu Robin. Ensuite, comme pour les opérations, « l’usager peut se voir facturé à l’acte, au pourcentage ou encore les deux ». Par exemple, le banquier peut facturer 1 euro par opération plus 2 % de la somme concernée. Ainsi, pour un achat par carte bancaire de 100 euros, 103 euros seront ponctionnés sur le compte. Pour bien connaître ces frais, « il faut se reporter à la brochure tarifaire que la banque envoie tous les ans ». Si celle-ci n’est pas assez claire, « il ne faut surtout pas hésiter à appeler son conseiller bancaire » pour lui demander des précisions et à lui demander une confirmation par écrit avec des exemples précis.

A noter : A partir de décembre 2019, les banques ne pourront plus facturer que les frais de change en Union européenne hors zone euro. Les virements, paiements et retraits ne pourront plus être facturés.

Yves : « Que faire si un commerçant nous impose un montant minimum pour effectuer un paiement par carte bancaire ? Je sais qu’en France, certains commerçants le pratiquent, bien que la loi ne l’autorise pas. »

Tout d’abord, l’interdiction du refus de la carte bancaire par un commerçant est une idée répandue mais fausse. « Un commerçant peut tout à fait ne pas disposer d’un terminal de paiement électronique (TPE), rien ne l’y oblige », précise Matthieu Robin. Il a également le droit de refuser un paiement en deçà d’un certain montant à la condition que ce soit affiché de manière visible devant ou dans son établissement. Seules les espèces ne peuvent être refusées.

Par ailleurs, il n’existe aucune règle européenne ou internationale sur l’utilisation de la carte bancaire en fonction du montant en jeu. Par exemple, en Allemagne, l’utilisation de la carte bancaire s’arrête la plupart du temps au retrait d’espèces, les Allemands privilégiant les billets même pour leurs gros achats. « Ils utilisent même de plus en plus les virements pour les paiements sur Internet ». Chaque pays a sa propre législation et il est important de se renseigner en amont de son voyage pour connaître les règles en vigueur dans le pays de destination.

Hervé : « Combien de temps faut-il pour me rendre compte du piratage de ma carte dans un commerce ou quelque chose comme ça ? »

Il est difficile de donner une réponse générale à cette question. Le compte bancaire affiche toujours une situation différée par rapport à la réalité. Globalement, « les banques françaises affichent les opérations réelles au plus tard cinq jours ouvrés après celles-ci », explique $ Matthieu Robin. Toutefois, le fraudeur a pu enregistrer vos numéros de carte et les utiliser bien plus tard. En cas de fraude constatée, il faut prévenir sa banque au plus vite. La victime dispose de 13 mois après l’opération en zone euro, mais seulement de 70 jours dans le reste du monde pour poser une réclamation auprès de sa banque. Matthieu Robin ajoute : « Il est également conseillé de porter plainte pour prouver sa bonne foi ». Si elle refuse le remboursement, il faut savoir que « c’est à la banque de prouver qu’il n’y a pas de fraude » ou qu’il y a eu négligence. Même en cas d’utilisation du 3D secure.

 

Quelques conseils supplémentaires avant de partir :
 

  • Appeler les ambassades françaises sur le lieu de votre destination pour connaître les habitudes locales et les arnaques habituelles.
  • Effectuer peu de retraits, mais plus importants, pour payer moins de frais bancaires et de change.
  • Eviter de changer son argent dans les aéroports, où les frais et commissions sont plus importants.
  • Informer son banquier de son voyage, cela évitera qu’il ne bloque votre carte pour soupçon de fraude ou de vol.
  • Avoir toujours sur soi le numéro dédié de votre banque pour faire opposition à votre carte à tout moment en cas de vol.
  • Vérifier ses plafonds de paiements et de débits avant de partir, ils peuvent différer de ceux appliqués en France.
  • Regarder du côté des entreprises de paiement et des banques en lignes qui peuvent proposer des tarifs avantageux ou au forfait pour l’international.