Train des primeurs Perpignan-Rungis : Faute de clients, le dernier convoi partira vendredi

ECONOMIE La ligne restera ouverte malgré tout, indique la SNCF

N.B. avec AFP

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Le train fret Perpignan Rungis est menacé (Illustration)
Le train fret Perpignan Rungis est menacé (Illustration) — Maisonneuve / Sipa

Les jours du Perpignan-Rungis sont bel et bien comptés. Le train de fret transportant des fruits et légumes du marché Saint-Charles, dans les Pyrénées-Orientales, jusqu’en région parisienne, s’arrêtera après un dernier convoi vendredi, faute de clients, mais la ligne restera ouverte, a appris l’AFP, auprès de la SNCF.

« La seule commande » encore en cours « s’arrête vendredi. Les clients n’ont pas renouvelé leur contrat. On fera ce qu’on peut pour faire circuler les wagons au fur et à mesure des demandes des clients », confie un porte-parole de l’activité fret de la SNCF.

« Les clients ont commencé à charger dans des camions »

Déjà « ces derniers jours », ces wagons « en fin de vie » ne transportaient « presque plus de fruits et légumes », avec seulement « quatre wagons » mardi par exemple, au lieu d'« une vingtaine d’habitude », a précisé le porte-parole. Les volumes transportés ont diminué, d’une part parce que « c’est un peu la fin de la saison », et d’autre part parce que « les clients ont commencé à charger dans des camions », a-t-il expliqué.

L’annonce du remplacement cet été de ce train historique par des camions sur les autoroutes avait provoqué un tollé au printemps, syndicats et responsables politiques protestant contre une décision contraire aux enjeux environnementaux. Au mois de mai, le groupe ferroviaire français avait proposé de prolonger cette ligne jusqu’à la fin de l’année, « échéance au-delà de laquelle les wagons seraient hors d’usage ». C’est leur vétusté et le coût de leur remplacement qui est à l’origine du problème.

« Aucune garantie sur la pérennité » du train, dénonce la CGT-Cheminots

La SNCF est « en contact régulièrement avec les clients », mais « ils ont fait d’autres choix », séduits « sans doute par la plus grande souplesse du transport routier », a déclaré le porte-parole. Le groupe ferroviaire leur a proposé, pour remplacer les vieux wagons, « une solution alternative : des conteneurs transportés sur des trains ».

Après deux réunions en mai et en juin, le ministère des Transports doit réunir un groupe de travail sur ce dossier le 17 juillet. A la mi-mai, le ministère avait promis qu’il recherchait « une solution ferroviaire pérenne d’ici la fin de l’année, permettant de poursuivre dans la durée le transport des fruits et légumes par le rail ». « Il n’y a à ce jour aucune garantie sur (la) pérennité » du train, a dénoncé mercredi la CGT-Cheminots.