Les livraisons d’avions de Boeing chutent, Airbus en profite

ECONOMIE Avec la crise du 737 Max, l’avionneur américain a livré deux fois moins d’appareils que l’an dernier au second trimestre  

20 Minutes avec AFP

— 

Des Boeing 737 MAX stockés sur un parking à Seattle, aux Etats-Unis, en attendant de pouvoir voler.
Des Boeing 737 MAX stockés sur un parking à Seattle, aux Etats-Unis, en attendant de pouvoir voler. — STEPHEN BRASHEAR / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Boeing en crise. L’avionneur américain a accusé un effondrement de ses livraisons d’avions au premier semestre, conséquence de la crise de son appareil vedette 737 MAX, cloué au sol depuis mi-mars après deux accidents ayant fait 346 morts, une déconvenue qui profite à son grand rival Airbus.

L’avionneur américain a livré 239 avions de ligne aux compagnies aériennes clientes entre janvier et juin, soit une baisse de 37 % en un an. Sur le seul deuxième trimestre, les livraisons d’appareils civils Boeing ont chuté de près de 54 %, à 90 unités, contre 194 à la même période un an plus tôt, selon un communiqué.

La dégringolade de la maison Boeing fait un heureux : son éternel rival européen Airbus, désormais en bonne voie pour lui ravir cette année et pour la première fois le titre de premier constructeur aéronautique mondial en termes de livraisons. Le constructeur européen a livré, lui, 389 appareils sur les six premiers mois de l’année, en hausse de 28 % sur un an, selon des chiffres disponibles sur son site Internet.

Le système antidécrochage au banc des accusés

Le changement de rapport de forces entre les deux avionneurs s’explique principalement par le fait que Boeing a dû suspendre les livraisons du 737 MAX, avion qui représente plus des deux tiers de son carnet de commandes. Cet avion – version remotorisée du 737 NG – est interdit de vol après le crash d’un appareil de ce type de la compagnie Ethiopian Airlines, le 10 mars, au sud-est d’Addis Abeba, ayant fait 157 morts.

Comme dans l’accident de Lion Air (189 morts) survenu cinq mois plus tôt, les conclusions préliminaires ont mis en cause le système antidécrochage (MCAS) propre au MAX. Il devait permettre de donner aux pilotes les mêmes sensations que pour la génération précédente de 737, malgré une nouvelle motorisation et un comportement en vol très différent.

Toujours pas de date pour le vol test du 737 MAX

Il est difficile de dire aujourd’hui quand le 737 MAX sera de nouveau autorisé à voler. Les compagnies Southwest et American Airlines, deux grosses clientes de ce modèle, ont annulé des vols jusqu’à l’automne.

Boeing aura du mal à refaire son retard sur Airbus : de nombreux analystes n’attendent pas une reprise des livraisons du 737 MAX avant décembre. Le cabinet Jefferies table sur la livraison en tout de 236 avions 737 MAX cette année, contre 580 pour l’année 2018.

La crise du 737 MAX s’étend également aux commandes, Boeing affichant un déficit net de 119 appareils au premier semestre, en raison d’annulations. Airbus est en revanche dans le vert, avec 88 appareils net commandés.

Boeing travaille d’arrache-pied sur une mise à jour du MCAS, mais un nouveau problème lié à un microprocesseur du 737 MAX posant un « risque potentiel » a été détecté par l’agence fédérale de l’aviation (FAA), le principal régulateur de l’aérien aux Etats-Unis. La facture de cette crise était estimée à 1 milliard de dollars mi-avril. Boeing devrait relever ce montant lors de la publication de ses résultats du deuxième trimestre le 24 juillet.