VIDEO. Nantes: Deux premiers cargos à voile commandés, le projet fou se concrétise

ECONOMIE La start-up nantaise Neoline a trouvé un accord avec l'industriel Neopolia pour un projet naval unique au monde

Frédéric Brenon

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Image de synthèse du premier cargo à voiles construit par Neoline et Neopolia.
Image de synthèse du premier cargo à voiles construit par Neoline et Neopolia. — Neoline

Des voiles tirant d’imposants bateaux de marchandise. C’est le projet un peu fou défendu depuis plusieurs années par la start-up Neoline. Et il est en train de se concrétiser. La société nantaise va en effet signer vendredi, au parc des expos de la Beaujoire, dans le cadre de l'événement La Mer XXL, une lettre d’intention avec l’industriel ligérien Neopolia portant sur la commande de deux premiers cargos à voile. La construction du premier navire, qui s’effectuerait partiellement à Saint-Nazaire, débutera fin 2019 pour une livraison espérée fin 2021.

Consommation d’énergie réduite d’au moins 80 %

Longs de 136 m, dotés chacun de deux mâts, ces navires atypiques pourraient transporter l’équivalent de 280 conteneurs ou de 500 voitures. Ils navigueraient principalement à grâce à la force du vent, « une énergie inépuisable, gratuite et 100 % renouvelable », souligne l’armateur Neoline. La motorisation servira uniquement aux équipements de bord et aux manœuvres portuaires. De quoi envisager une « économie de 80 à 90 % de la consommation et de l’empreinte carbone associée ».

« Notre équipe se consacre maintenant pleinement à mobiliser le financement nécessaire à la concrétisation de ce projet industriel innovant, écologique et emblématique pour la région Pays-de-la-Loire et la France », s’enthousiasme Michel Pery, président de Neoline et ancien capitaine de la marine marchande. Le coût total des deux bateaux est estimé entre 80 et 90 millions d’euros.

Allers-retours entre la France et les Etats-Unis

Une fois construit, le premier cargo à voile relierait à partir de 2022 Saint-Nazaire à Baltimore (Etats-Unis) avec une escale au retour à Saint-Pierre et Miquelon, ambitionne Neoline. Deux rotations par mois sont ainsi envisagées. Renault et Manitou figurent parmi les clients intéressés.

« Nous sommes convaincus que la propulsion vélique est une nouvelle filière d’excellence avec un fort potentiel de développement », ajoute Michel Pery. Des navires encore plus gros (210 m de long), équipés de trois mâts, sont envisagés à l’horizon 2030 si le marché est porteur. Le transport maritime représente à lui seul 7 % de la consommation mondiale de pétrole.