Conforama confirme la fermeture de 32 magasins et la suppression de 1.900 postes

RESTRUCTURATION L’enseigne d’ameublement française Conforama est en difficulté depuis plusieurs années

20 Minutes avec AFP

— 

C'était le "pays où la vie est moins chère".
C'était le "pays où la vie est moins chère". — GILE Michel/SIPA

L’enseigne d’ameublement française Conforama, détenue par le groupe sud-africain Steinhoff, en proie à de graves difficultés financières, a confirmé mardi le lancement d’un plan de « transformation profonde et nécessaire » passant par la suppression de 1.900 postes dans l’Hexagone. Ce projet passera par la fermeture de 32 magasins Conforama et de 10 magasins Maison Dépôt sur les 235 que compte le groupe en France, selon un communiqué de l’enseigne.

Pour expliquer la mise en place de ce projet de restructuration, elle invoque d’importantes pertes cumulées, de l’ordre de « près de 500 millions d’euros » en France depuis 2013. Ensuite, l’enseigne a dû faire face aux « mutations profondes du secteur de la distribution et plus particulièrement celui de la distribution spécialisée », à quoi s’ajoutent une concurrence exacerbée et des modes de consommation qui évoluent rapidement.

« Un retour à l’équilibre dans les deux ans »

« Dans ce contexte, notre enseigne ne s’est pas suffisamment adaptée et subit une forte baisse de rentabilité de son réseau de magasins », constate le groupe. Enfin, « les difficultés financières de Steinhoff mettent en exergue une situation qui n’est pas viable », conclut le communiqué, d’où la nécessité de prendre « des mesures fortes et rapides afin d’assurer la pérennité de Conforama et de sauvegarder le plus d’emplois possible sur le long terme ».

L’objectif est « un retour à l’équilibre dans les deux ans », selon une source proche de la direction, sachant que le groupe Conforama a réalisé un chiffre d’affaires hors taxes de 3,4 milliards d’euros en 2018. D’ici là, Conforama « s’engage à limiter, autant que possible, les conséquences sociales des évolutions envisagées et à tout mettre en œuvre pour accompagner au mieux ses collaborateurs ».

« On nous a menti »

L’annonce de ce plan a plongé les salariés dans l’inquiétude, plusieurs rassemblements spontanés ayant lieu devant des magasins, notamment au Pont-Neuf à Paris, l’un de ceux menacés de fermeture. « On ne s’attendait pas à ça, la direction nous avait dit de ne pas nous inquiéter », déclare Amel Sbartaï, 42 ans dont 13 à Conforama, conseillère au rayon électroménager. « On nous disait que le magasin du Pont-Neuf était la vitrine de Conforama : on nous a menti. »

Créé en 1967, Conforama, dont le slogan « le pays où la vie est moins chère » a fait date, avait été racheté en 2011 par Steinhoff, après avoir appartenu pendant dix ans au groupe PPR détenu par l’homme d’affaires François Pinault.