L'Assurance maladie vise plus de deux milliards d'euros d'économies en 2020

DEPENSES DE SANTE Ce montant est inférieur aux économies imposées au secteur de la santé

20 Minutes avec AFP

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Image d'illustration d'une carte vitale.
Image d'illustration d'une carte vitale. — DENIS CHARLET / AFP

Lutte contre la fraude, moins d’hospitalisations, d’antibiotiques ou encore de frais de transport… L’Assurance maladie a détaillé ce jeudi ses moyens d’action traditionnels pour économiser plus de deux milliards d’euros en 2020, proposant également de nouvelles pistes pour s’attaquer au « gaspillage ».

Comme chaque année, en prévision du budget de la Sécurité sociale, attendu à l’automne, l’Assurance maladie a listé dans son rapport « Charges et produits » ses leviers pour freiner l’augmentation des dépenses de santé, inexorable en raison du vieillissement de la population et de l’augmentation des maladies chroniques.

De fortes économies grâce aux génériques

Selon ce document, consulté par l’AFP, elle vise au total 2,07 milliards d’euros d’économies en 2020, contre 2,01 cette année. Un montant inférieur aux économies imposées au secteur de la santé (3,8 milliards d’euros en 2019) car il ne tient pas compte des négociations sur les prix des médicaments ni de certains efforts demandés aux hôpitaux.

Les plus fortes économies sont attendues sur les prescriptions de médicaments et dispositifs médicaux, à hauteur de 887 millions d’euros, par exemple via la promotion des génériques (45 millions). La surconsommation d’antibiotiques, rendus de ce fait moins efficaces, fera l’objet d’un « plan d’action ambitieux » sur deux ans pour réaliser 150 millions d’euros d’économies, dont 75 millions en 2020.

Des stocks de médicaments dans les salles de bains

L’Assurance maladie entend ainsi contribuer « à la grande campagne de communication (…) qui sera mise en œuvre par Santé Publique France en 2020 » et favoriser le recours aux TROD (test rapide d’orientation diagnostique), qui permettent de vérifier si une angine est virale ou bactérienne. Insuffisamment utilisés par les généralistes, ces tests pourront être réalisés dans toutes les pharmacies dès janvier. Autre sujet d’attention, le « gaspillage » de produits de santé prescrits ou délivrés en trop grande quantité, les professionnels faisant régulièrement état de « stocks de médicaments et de dispositifs médicaux accumulés au domicile des patients ».

L’Assurance maladie souhaite en particulier limiter les durées de prescriptions de pansements en sortie d’hospitalisation à 7 jours, contre 30 actuellement, les infirmiers libéraux intervenant à domicile se chargeant ensuite de prescrire « le matériel adapté à l’évolution de la plaie » du patient. De quoi économiser 75 millions d’euros.