Plannings et salaires... Un syndicat français de pilotes accuse Ryanair d'exercer son activité dans l'illégalité

ACCUSATION Selon le syndicat, la compagnie ne serait pas en règle sur les temps de repos de ses équipages

20 Minutes avec AFP

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Un avion Ryanair vient d'atterrir à Londres (image d'illustration).
Un avion Ryanair vient d'atterrir à Londres (image d'illustration). — Martin Dalton/REX/Shutterstock/SIPA

Le SNPL, le syndicat des pilotes de ligne, a demandé ce jeudi que Malta Air, une nouvelle filiale de Ryanair à qui la compagnie irlandaise à bas coûts va transférer ses activités en France, applique le droit français, en particulier en matière de temps de repos.

« Dans les faits, la compagnie irlandaise exploite ses avions et ses équipages dans l’illégalité sans la moindre réaction de l’autorité de tutelle », accuse le SNPL dans un communiqué. « Dès le mois de juillet, les activités françaises de Ryanair seront transférées à sa nouvelle filiale Malta Air qui s’apprête à reproduire le même schéma », poursuit-il.

Des fiches de salaires aux normes irlandaises

Selon le syndicat des pilotes, « depuis l’implantation de Ryanair sur les bases de Marseille et de Bordeaux, (…) les plannings de vol de ses équipages sont très loin de respecter les exigences du Code de l’Aviation Civile alors qu’elle n’a effectué aucune démarche pour obtenir une dérogation ».

« Déjà montrée du doigt pour ses contrats de travail irréguliers, et malgré les déclarations de son PDG, la compagnie Ryanair n’est, de toute évidence, toujours pas prête à se conformer au droit français », ajoute le SNPL, assurant qu’il engagera « tous les recours nécessaires pour protéger les équipages de Ryanair ».

Le SNPL reproche aussi à la compagnie aérienne à bas coûts d’éditer certaines fiches de salaires aux normes irlandaises, c’est-à-dire avec un montant brut, un montant net, et sans le détail des retenues. Mi-juin, le PDG de Ryanair, Michael O'Leary, avait assuré que ses employés travaillant sur des bases françaises « auraient des contrats français et seraient soumis à la législation française ». Ryanair est revenu en France cette année, d’abord à Marseille, alors qu’elle n’y avait plus de base depuis 2011 en raison de démêlés judiciaires.