La SNCF veut multiplier les commerces et les bureaux dans les «petites» gares

TRANSPORTS De nombreux locaux de l’entreprise sont aujourd’hui inutilisés

Nicolas Raffin

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La gare SNCF de Nantes (Illustration).
La gare SNCF de Nantes (Illustration). — GUILLAUME SOUVANT/SIPA
  • Le projet «1001 gares» est présenté par la SNCF ce vendredi.
  • Il consiste à proposer à la location des locaux inutilisés pour du coworking, des commerces, etc.
  • Ce dispositif ne concerne pas les 400 gares les plus fréquentées du réseau.

Un nouveau métier vient de faire son apparition à la SNCF : celui d’agent immobilier pour « petites » gares. En effet, les gares d’envergure nationale comme Paris-Montparnasse, Lyon Part-Dieu ou encore Bordeaux Saint-Jean n’ont aucun problème d’attractivité et comptent de nombreux commerces et activités.

En revanche, dans les gares de moindre importance, où le trafic est plus modeste, l’entreprise se retrouve avec de nombreux locaux vides et complètement inutilisés depuis des années. Pour ne plus qu’ils prennent la poussière – et pour faire rentrer un peu d’argent dans les caisses –, la SNCF veut les valoriser et les proposer à la location.

Les petites annonces de la SNCF

En s’inspirant d’initiatives déjà lancées en Ile-de-France ou encore en Nouvelle-Aquitaine, l’entreprise présente donc ce vendredi une opération nationale baptisée « 1001 gares », avec la mise en ligne d’une plateforme spécifique. « Elle recense un millier de gares qui accueillent au moins 300 voyageurs par jour, mais qui ne font pas partie des 400 gares les plus importantes du réseau » précise Claude Solard, directeur général de Gares & Connexions, la branche de la SNCF chargée de gérer ces espaces.

Le principe est simple : chaque local disponible est présenté sous la forme d’une annonce immobilière classique avec la surface, le nombre de voyageurs quotidiens, le type d’activité possible. Illustration avec la gare de Baccarat (Meurthe-et-Moselle), qui voit passer 355 voyageurs par jour : la SNCF y propose à la location un local de 30m2 (photo ci-dessous). 

Annonce concernant la gare de Baccarat sur la plateforme de la SNCF.
Annonce concernant la gare de Baccarat sur la plateforme de la SNCF. - SNCF

Les offres proposées sont très variées. Les amoureux de grands espaces et de nature pourront postuler pour occuper l'ancienne rotonde des locomotives de Brive-la-Gaillarde (Corrèze) (photo ci-dessous).

Annonce concernant l'ancienne rotonde de Brive-la-Gaillarde sur la plateforme de la SNCF.
Annonce concernant l'ancienne rotonde de Brive-la-Gaillarde sur la plateforme de la SNCF. - SNCF

Si vous aimez travailler près de la mer, la gare de Châtelaillon (Charente-Maritime) est faite pour vous. Elle propose à la location l'ancien local du chef de gare, à 300 mètres de la plage (photo ci-dessous).

Annonce concernant la gare de Châtelaillon sur la plateforme de la SNCF.
Annonce concernant la gare de Châtelaillon sur la plateforme de la SNCF. - SNCF

Enfin, à Dijon (Côte d’Or), un stand de 5m2 est à disposition pour la vente de fromages et/ou de yaourts locaux (photo ci-dessous).

Annonce concernant la gare de Dijon sur la plateforme de la SNCF.
Annonce concernant la gare de Dijon sur la plateforme de la SNCF. - SNCF

Un budget pour la rénovation

Les porteurs de projets intéressés par l’annonce sont ensuite invités à candidater auprès de la SNCF, qui sélectionne les dossiers. « Ces projets peuvent prendre plusieurs formes, poursuit Claude Solard. Il peut s’agir de commerces, d’espaces de coworking, d’associations, de bibliothèques, de crèches… En fonction du lieu, nous choisirons le projet qui correspond le plus au besoin des voyageurs et du territoire ».

Le groupe ferroviaire espère valider 100 dossiers d’ici à la fin de l’année. Et pour convaincre les futurs candidats, la SNCF sort le chéquier : elle promet, via un budget spécifique de 20 millions d’euros, de prendre en charge les éventuels travaux de rénovation et de mise aux normes des locaux situés dans les gares.