Le pouvoir d'achat devrait augmenter de 1,4% en 2020 (c'est plus que prévu)

PORTE-MONNAIE Pour Gérald Darmanin, c’est la baisse d’impôts annoncée à l’issue de la crise des « gilets jaunes » qui a permis « une sorte de relance » économique

20 Minutes avec AFP

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Gérald Darmanin, ministre des Comptes publics, le 5 juin 2019 à l'Elysée.
Gérald Darmanin, ministre des Comptes publics, le 5 juin 2019 à l'Elysée. — SIPA

Le pouvoir d'achat devrait progresser de 1,4 % en 2020, après 2,1 % cette année, soit légèrement plus que prévu, en raison notamment des mesures et baisses d’impôts annoncées depuis décembre, a affirmé ce mercredi le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin.

« Nous avions parié sur 1 % d’augmentation du pouvoir d’achat pour l’ensemble des Français » l’an prochain. Or « d’après les derniers chiffres, cela augmente encore, puisque nous serions à 1,4 % », a déclaré Gérald Darmanin lors d’une audition devant la Commission des Affaires sociales du Sénat. Selon le ministère, qui s’appuie sur une note de la direction du Trésor datée du 18 juin, le pouvoir d’achat des Français devrait par ailleurs augmenter de 2,1 % cette année, soit 0,1 point de plus que les 2 % jusque-là annoncés.

Les dépenses publiques dans le viseur de la Cour des comptes

Cette progression, attribuée aux baisses d’impôts décidées après le mouvement des «gilets jaunes» puis à l’issue du «grand débat national», permet de « soutenir l’activité », a souligné Gérald Darmanin, estimant que cette politique avait permis « une sorte de relance » économique. Interrogé par des sénateurs sur l’impact de cette stratégie sur les comptes publics, le ministre a assuré que le gouvernement avait « les moyens » de cette « baisse d’impôts », et promis que le déficit public serait bel et bien « autour de 2 % » du PIB l’an prochain.

Mardi, la Cour des comptes a exprimé des doutes sur la capacité de l’exécutif à tenir cet objectif, en épinglant notamment le flou entourant le financement des cinq milliards d’euros de baisses d’impôt sur le revenu promises à l’issue du « grand débat ». « Compte tenu de l’ampleur des mesures annoncées, il paraît peu probable que cette compensation puisse être intégrale sur l’exercice 2020 », a souligné la haute juridiction financière, évoquant un possible dérapage budgétaire de 0,1 à 0,3 point, en raison de « risques significatifs » sur les dépenses. Une critique rejetée par Gérald Darmanin, qui a assuré mercredi avoir toujours pour objectif l’amélioration des finances publiques.

« Je rappelle que quand je suis arrivé aux responsabilités, nous étions à 3,4 % de déficit tout confondu. On aura donc fait, si nous sommes à 2 %, 1,4 %, c’est-à-dire 28 milliards de baisses de déficit public », a-t-il déclaré.